
« La faute, cher Brutus, n’est pas dans nos étoiles, mais en nous-mêmes. » En citant ces mots de William Shakespeare lors de l’émission de CBS qui allait mettre Joe McCarthy KO, le journaliste Edward R. Murrow voulait communiquer aux téléspectateurs une vérité malaisante. La période de peur et de suspicion irrationnelle marquée par la chasse aux sorcières contre les communistes menée par le sénateur républicain du Wisconsin n’était pas le fait d’un seul homme. Les Américains devaient tous accepter leur propre culpabilité dans le Maccarthysme et les travers dont il s’était nourri, y compris le complotisme, l’anti-élitisme, le racisme anti-immigrant et l’antisémitisme. Il en est de même aujourd’hui du Trumpisme.
Je lance cette deuxième campagne de financement de ce blogue en 2025 avec une certaine inquiétude, sachant que tout ce qui touche les États-Unis n’a pas la cote ces temps-ci à l’extérieur de ce pays. Mais le thème de cette campagne témoigne d’un espoir plus fort que l’inquiétude ou la peur, du moins en ce qui me concerne. Il portera sur les épisodes les plus sombres de l’histoire des États-Unis, les plus noirs et désespérants, et dont ce pays s’est remis.
Dans le cas du Maccarthysme, il a évidemment fallu que des Américains courageux et éclairés s’en mêlent. Murrow a fait sa part, mais l’avocat de l’armée américaine Joseph Welch a peut-être joué un rôle encore plus grand lors d’une célèbre confrontation télévisée, en juin 1954, soit huit ans après le début de la « Peur rouge » engendrée par la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le début de la guerre froide.
« N’avez-vous donc aucun sens de la décence, Monsieur ? Enfin, n’avez-vous donc aucun sens de la décence ? », demanda Welch à McCarthy, répétant une question qui allait marquer un tournant dans la perception publique du sénateur dont les enquêtes avaient ciblé fonctionnaires, artistes, écrivains et universitaires, poussant certains d’entre eux à dénoncer des collègues et d’autres à se suicider.
Vous pourrez, tout au long de cette campagne qui prendra fin vendredi à 23 h 59, signer vos propres textes sur le thème proposé dans la section des commentaires du blogue, en ne vous limitant pas à l’expérience étasunienne. Il me fera plaisir de publier un des textes sous la forme d’un billet pour clore chacune des journées. D’ici là, merci d’avance à tous ceux et celles qui contribueront au maintien de ce site dont la mission est peut-être plus pertinente que jamais.
(Photo Getty Images)
Contribution faite avec plaisir !
Moi aussi. Merci M Hétu pour toutes vos recherches.
Avec le même plaisir … depuis l’autre côté du lac !
Le discours de M. Murrow était prémonitoire de ce qui allait se passer avec »47″. Comme quoi, l’Histoire n’est qu’une éternelle répétition, ou on reproduit les mêmes erreurs en croyant que cette fois, ce sera différent.
La démocratie est un bien précieux qu’il faut protéger car la dictature, le despotisme ne sont jamais bien loin. Comme la mauvaise herbe, ils n’attendent qu’une occasion pour se répandre, nous envahir et détruire les valeurs qui nous sont chères.
Il faut toujours être vigilent.
Contribution faite. Longue vie à ce blogue
L’Histoire se répète.
Espérons que ce soit celle de McCarthy et non celle de Mussolini ou Hitler qui se répète.
Ou Nicolae Ceaușescu ? 😉
Voilà c’est fait! À la victoire de Trump, j’avais l’intention de cesser ma participation au blogue. Après réflexion, j’ai décidé de continuer à le fréquenter, car notre pays est durement menacé par le bouffon « royal », et que le fait de participer est une façon de combattre le Monstre qui sévit à nos frontières. Continuons le combat avec monsieur Hétu! « Never surrender! »
Effectivement, Roy Cohn qui était un avocat en support à McCarthy est devenu par la suite le maître à penser de Trump à la fin des années 70, début 80. J’attend le jour où une personne respectable dira ses 4 vérités à Trump et qu’alors son château de cartes s’écoulera. Cette journée magnifique est, j’espère, plus proche que loin. À ce moment les maga se disperseront et nous pourrons tourner la page sur cet horrible chapitre. Un rêve ou le McCartisme 2.0 ?
« tout ce qui touche les États-Unis n’a pas la cote ces temps-ci à l’extérieur de ce pays. »
On connaît le responsable (et on peut étendre l’accusation d’indécence envers le sénateur McCarthy à tout un parti).
Low confidence in Trump in most countries surveyed (PEW Research Center)
No confidence :
Mexico 91
Sweden 85
Germany 81
Spain 80
Turkey 80
France 78
Canada 77
Australia 77
Netherlands 77
Italy 68
South Korea 67
Greece 63
UK 62
Indonesia 62
Argentina 62
Brazil 62
Poland 60
Japan 61
South Africa 54
Hungary 46
Kenya 35
Israel 29
India 23
Nigeria 19
Leader of the free world ?
Nigeria 19 % ??? Les USA ont acheté le pays ou quoi ?
A l’exception d’Israël, les pays qui font le plus confiance à Donald ont aussi une bonne opinion de la Russie Poutinienne. Coïncidence?
Opinion favorable envers la Russie:
Kenya 43%
Inde 46%
Nigeria 44%
https://www.pewresearch.org/global/2024/07/02/views-of-russia-and-putin-july-24/
Un lien avec la criminalisation de l’homosexualité?
Contribution faite.
N’oubliez pas de choisir le pays de facturation.
Contribution faite. Et, avec votre permission, je continuerai à me permettre de publier sur ce blogue des propos cyniques et farfelus concernant 47. Le roi est nu, et les fous du roi peuvent s’en donner à cœur joie plutôt que de pleurer; c’est malheureusement tout ce qu’ils peuvent faire.
Le problème, c’est qu’au gouvernement Trump, il y a plusieurs McCarthy, en commençant par le président lui-même… Un dragon, ça peut se vaincre, des dizaines? Et des dragons qui ont une progéniture tentaculaire… l’Amérique ne sera jamais plus la même …
Contribution faite.
Les marchés boursiers sont en hausse et le prix du baril de pétrole en baisse suite à la déclaration de l’Iran qui veut reprendre les pourparlers sur son programme nucléaire selon Bloomberg.
Merci Mr Hétu pour votre travail, essentiel par les temps qui courent. Je crains pour ma part que nous n’ayons même plus cet argument interrogeant la décence, car ces gens se fichent de la « common decency ». La continuité avec l’ère Mc Carthy est établie par le rôle que joua alors Roy Cohn, l’avocat véreux qui fut le mentor de la Trumpette, et qui fit condamner les époux Rosenberg à la chaise électrique…
« Maximilien, rends-moi ma tête. »
Paris, juillet 1794. L’odeur de poudre, de sueur, et de peur plane sur la Convention nationale. Robespierre, l’Incorruptible, trône au sommet d’une montagne de cadavres qu’il appelle la République. Il prêche la vertu… mais gouverne par la Terreur.
L’homme qui voulait sauver la Révolution à tout prix a transformé le peuple en parquet, et la guillotine en confessionnal. Le moindre soupçon devient preuve. Le moindre désaccord : trahison. Le résultat ? Une patrie purgée au nom de la pureté. Une République lavée… au sang.
Et comme toujours dans ces tragédies aux accents révolutionnaires, le tyran ne voit pas la lame arriver. Le 9 thermidor, ses collègues, terrorisés de finir à leur tour en « suspects », font tomber le couperet. Robespierre est arrêté, jugé sans ménagement, et exécuté dans les 24 heures. Fin de la Terreur.
Mais pas de la leçon.
Parce qu’à chaque époque, surgit un nouveau Robespierre — parfois en perruque poudrée, parfois en casquette MAGA. On agite les foules, on désigne les ennemis du peuple, on promet la grandeur à coups de slogans hurlés et de lois piétinées.
Et c’est ici qu’entre en scène l’IA Historica-9000, une IA (forcément woke et mal cotée sur Truth Social) à qui on a posé la question :
« Est-ce que l’histoire se répète ? »
Réponse de l’IA :
« Non. Mais elle donne des avertissements. Très forts. Généralement en majuscules. Quand vous commencez à traquer les opposants, contourner les lois et crier que vous seul êtes la voix du peuple… c’est souvent là que le couvercle saute. »
@Macthieu
Bien dit ! 😉
Robespierre faisant parti de la faction des jacobins, qui mis à mort les dirigeants du clan des hébertistes et des indulgents. Il fut à son tour exécuté par le clan des montagnards. Chaque faction voulait tuer les autres, la vision souvent manichéenne de Robespierre est plus nuancé, chaque parti avait ses démons et ses radicaux. Le lien qui les unissaient tous est la division et le tribalisme. C’est le vrai ennemi de la démocratie. Il est facile d’accuser les autres, mais il faut se regarder dans le miroir et éviter de faire ce que l’on prêche, que l’on soit à gauche ou à droite.
L’histoire complète de Mc carthy est quand même révélatrice.
Alcoolique, McCarthy a fait progressivement le ménage autour de lui par son comportement. Infréquentable. Il est mort seul et sans amis quelques années plus tard . Pas du tout oublié, au contraire , mais largement détesté en Amérique y compris par les chasseurs de communistes de son époque.
Ce qui nous donne l’espoir que Trump va subir le même sort. L’histoire est un éternel recommencement. On ne peut pas faire suer la planète en entier sans en subir les conséquences un jour ou l’autre.
Contribution faite,pour ce site essentiel pour essayer de comprendre ce qui se passe au sud de notre pays.
« y compris le complotisme, l’anti-élitisme, le racisme anti-immigrant et l’antisémitisme. »
Tous des thèmes malheureusement beaucoup trop présent encore aujourd’hui, qui nourri les éléments extrémistes de droite et de gauche. Une chance que la gauche n’en fait pas son cheval de bataille comme la droite et qu’elle répudie en grande partie ces extrèmes.
Contribution faite (le premier jour cette fois-ci afin d’éviter que j’oublie!). 🙂
Mr. Hétu, votre thème de campagne est très à propos puisque je viens de regarder la pièce de théâtre de Broadway « Good Night, and Good Luck » de George Clooney sur CNN la semaine passée. J’étais tellement contente de pouvoir y assister à distance puisque c’était trop cher pour aller le voir en personne lorsque j’ai été à NYC il y a un mois (j’ai pu cependant voir Hadestown là-bas, et c’était excellent!).
Je crois que George a fait un excellent travail pour nous mettre dans le contexte et c’était très réussi!
Même si je trouve les nouvelles sur ce blogue de plus en plus déprimant, je vais continuer à le suivre pour être au courant de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière (laquelle, j’espère, demeurera toujours étanche!) parce que c’est une façon rapide et complète de rester informée. Je confesse par contre que je saute ou passe rapidement sur certains articles lorsque j’ai déjà le morale bas…
Contribution faite, Merci! M. Hétu pour tout. Ainsi, qu’aux intervenant (es).
FATIGUE?: Comme d’autres ci-haut, j’avais pensé déconnecter mes neurones de tout ce qui concerne la politique US tellement les nouvelles sont insidieuses, décourageantes et répétitives, vu les personnages incompétents au pouvoir.
Mais je me suis auto-donnée un coup de pied au derrière pour secouer ce qui me reste de jugeote et continuer à vivre l’Histoire, même si c’est impossible d’y participer, de l’améliorer ou de faire intervenir une machine à remonter le temps.
En lisant certains commentaires intelligemment écrits (… il y en a quelques-uns 🤓), des commentaires qui font rire ou réfléchir, cela permet d’ajuster mes opinions et d’enrichir mes nombreuses lectures des médias. Car il faut plusieurs versions d’un même fait pour en voir toutes les couleurs, parfois trop sombres.
Donc merci M. Hétu pour votre apport ici-même et félicitations pour vos excellents articles dans La Presse. On en a encore pour plusieurs mois à se divertir via ce blogue.
PS: Heureusement, la politique canadienne donne espoir…
J’ai payé ma dime 😉 On continue 🙂
« L’histoire ne s’écrit pas, elle bégaie «
Trump fait revivre cette sombre partie de l’histoire américaine avec ses chasses aux sorcières
Merci M.Hétu pour ce bloque.
Contribution faite pour être sûre de ne rien manquer de toutes les remarques intéressantes qui ramènent la vérité dans nos perceptions et par le fait même dans nos vies.
M.Hétu vous avez écrit : «….le thème de cette campagne témoigne d’un espoir plus fort que l’inquiétude ou la peur, du moins en ce qui me concerne. »
Principalement pour cette raison et bien d’autres, je continue de participer à ce blogue.
Moi aussi je crois que l’espoir est plus fort que la peur.
Nous traversons actuellement une période sombre de l’histoire, non seulement aux États-Unis mais aussi un peu partout dans le monde.
Je compare cela à un accouchement. C’est long, c’est très souffrant, c’est quelquefois risqué
mais au bout de l’épreuve il y a une nouvelle vie qui apparaît avec tous les espoirs que cela permet.
C’est ce qui s’est passé après la deuxième guerre mondiale où l’humanité a fait un bond quantique au niveau des connaissances, de la prospérité, des droits de l’homme, des organisations mondiales comme l’ONU, l’OMS, le FMI, l’OTAN, les MSF.
Avec l’intelligence artificielle, nous sommes à l’aube d’une révolution dans nos rapports entre humains et nous n’avons qu’une seule planète à partager (du moins jusqu’à maintenant).
J’ose espérer qu’une nouvelle génération de leaders saura faire évoluer l’humanité vers une plus grande maturité, vers plus de tolérance et plus d’acceptation des différences.
Ce ne sera jamais parfait mais on peut viser beaucoup mieux que maintenant.
@Louise Très bien dit! 👏
@ Louise:
Merci de l’exactitude ! Vos propos sont toujours bien appréciés!
MSF a été créé suite à ce qui est arrivé au Biaffra. Dixit Joanne Liu.
Bien heureuse d’avoir contribué. Merci M. Hétu pour votre travail. Merci sincère à ceux qui alimentent le blogue et aux lecteurs. Bien heureuse de faire partie du groupe.
H.S. Donald s’ennuie de la présence de la Russie au G7, et nous affirme que si la Russie n’avait pas été expulsée du G7, elle n’aurait pas envahi l’Ukraine…
“Le président Donald Trump regrette l’époque où le G7 était le G8. Si la Russie n’avait pas été éjectée, a-t-il supputé, l’Ukraine n’aurait jamais été envahie. Et inviter la Chine « ne serait pas une mauvaise idée », a-t-il même opiné.”
https://lp.ca/rA2SeG
Si Donald le dit, ce doit être vrai… 🙄
Ouais, quand on voit l’adolescent en mal de reconnaissance arriver avec sa casquette de propagande MAGA, je peux le comprendre qu’il s’ennuie de son ami pourine.
À quand la casquette à l’envers ou la palette pointée vers le haut?
Le génie toujours aussi stable a dit que c’est Obama et Trudeau qui ont foutu la Russie à la porte du G8…
C’est Harper qui était premier ministre à ce moment là….
Aaron Rupar
@atrupar
Trump with Mark Carney: « The G7 used to be the G8. Barack Obama and a person named Trudeau didn’t want to have Russia in, and I would say that was a mistake, because I think you wouldn’t have a war right now if you had Russia in. »
https://x.com/atrupar/status/1934637036821963081
oups… trompée de lien
Aaron Rupar
@atrupar
Trump: « Putin speaks to me, he doesn’t speak to anybody else, because he was very insulted when he got thrown out of the G8. He was thrown out by Trudeau, who convinced one or two people, along with Obama … he doesn’t even speak to the people who threw him out. And I agree with him. »
https://x.com/atrupar/status/1934638174455648285
« And I agree with him. »
Traduction : Voilà, j’ai dit ce qu’il m’a dit de dire. Même s’il parlait d’un harpon, harper, harpiste. Je ne sais pas trop de quoi il parle. Quel être instable et sénile !!!
🤦♀️ il ne veut pas parler avec ceux qui l’ont mis dehors??? Il va faire quoi s’il est à niveau admis? Il va faire la baboune avec son ami T. dans un coin de la pièce???? Ça donnerait quoi de rajouter un joueur qui a déjà triché et qui est fâché d’avoir été exclu juste pour ça!!!
Misère qu’il est pénible
Bravo champion ! 🙉
Exact. Harper, lors d’un G20 après l’invasion de la Crimée, avait dit à Putin devant les autres dirigeants et journalistes, de sortir de l’Ukraine.
Trump est mêlé car Poutine a envahi la Crimée pendant qu’il était membre du G8.
https://www.rcinet.ca/fr/2014/11/17/steven-harper-administre-une-gifle-diplomatique-a-vladimir-pourtine-au-g-20/
Selon mon humble avis, ça devrait être le G6. Et lui, Poutine et Xi devrait fonder le D3. D pour Dictateur !!!
Je n’ai pas trop la tête à ça, et je n’ai pas tous les faits de mémoire, mais si quelqu’un veut s’en donner la peine, on pourrait en écrire long sur la déstabilisation de pays d’Amérique centrale et du Sud par les États-Unis, au nom de la démocratie, ou de la lutte à la drogue. Cette déstabilisation a mené à des juntes militaires, à la montée de groupes armés qui terrorisent leur concitoyens, et ainsi, éventuellement, à ces migrants qui se présentent aux portes des États-Unis, dans l’espoir de trouver une vie qui leur échappe dans leur pays. Un coup de karma planétaire, en quelque sorte: ce sont les agissements des anciens dirigeants des États-Unis qui sont responsable des migrants, agités en épouvantails par les dirigeants actuels.
@Achalante
C’est parfait comme ça. Un paragraphe modeste mais combien vrai. Bravo et merci!
Je seconde fortement !
A ne pas oublier: la présence de plus en plus marquée de nos compagnies minières, lesquelles obtiennent le droit de forer au dépens des habitants. L’exemple du Guatemala:
Grande victoire pour les Autochtones du Guatemala face à une minière
https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2040521/victoire-autochtones-guatemala-miniere-hudbay-maya
Que faire si tu ne peux plus faire vivre ta famille?
« Il en est de même aujourd’hui du Trumpisme. »
L’histoire est condamnée à se répéter.
Régulièrement, tout au long des années 1980, le nom de Lech Walesa apparaissaît dans l’actualité. À la tête du syndicat qu’on appelait alors (en français) Solidarité (Solidarność), il obtient à force de patience et de retenue des améliorations aux conditions des ouvriers. Les gains sont modestes, la qualité de vie des Polonais progresse tout de même. Il passe presque un an en prison mais les autorités communistes n’osent pas en faire un martyr. À sa sortie de prison, il retrouve son poste et continue ses efforts pour aider ses collègues et la population en général. Il est récompensé par un prix Nobel de la paix, en 1983, qu’il n’osera pas aller chercher, laissant son épouse le représenter.
Les élections (« semi-libres ») de juin 1989 s’inscrivent comme un des premiers signes avant-coureurs de l’éventuelle chute du mur de Berlin, cinq mois plus tard. Walesa devient président l’année suivante, la Pologne étant devenue un pays démocratique. Walesa ne réussira pas à se faire réélire cinq ans plus tard, finissant deuxième par 3,5% des voix, mais malgré les défauts qu’on lui reproche à juste titre (il n’obtiendra d’ailleurs que 1% des voix à l’élection suivante), ses actions ont changé la vie de millions de Polonais et, indirectement, d’Européens de l’est.
De 2005 à 2017, l’autrice Marzena Sowa scénarisera sept albums de bande dessinée (« Marzi ») où elle raconte son enfance ordinaire en Pologne et les changements au début graduels, ainsi que les angoisses, de la vie dans un pays vivant sous un régime totalitaire et découvrant peu à peu la liberté. C’est une chronique douce-amère qu’on parcourt avec grand intérêt.