Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Même s’il ne s’est jamais identifié comme un néoconservateur, Donald Trump a réalisé un des projets les plus chers aux tenants de ce courant idéologique en bombardant l’Iran afin d’éliminer son programme nucléaire et de précipiter un changement de régime. Or, depuis quelques jours, des néoconservateurs emploient le mot « capitulation » pour qualifier l’entente que mijote le président américain avec les dirigeants iraniens par l’entremise de pays arabes et musulmans.

Je cite l’amorce d’un article du magazine The Atlantic signé par Robert Kagan et publié il y a trois jours : « Les grandes lignes de la stratégie finale du président Trump dans la guerre contre l’Iran commencent à se dessiner. Lors d’un entretien téléphonique hier avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, Trump aurait expliqué que les États-Unis négociaient une “lettre d’intention” avec l’Iran qui “mettrait officiellement fin à la guerre et lancerait une période de négociations de 30 jours” sur le programme nucléaire iranien et la réouverture du détroit d’Ormuz. L’objectif et l’effet d’un tel accord devraient être clairs : les États-Unis se retirent de la crise. Trump pourrait lancer une autre frappe limitée pour se montrer intransigeant et satisfaire les exigences des partisans de la guerre, mais ce ne serait qu’un geste symbolique. Dans ce cas, le terme “stratégie finale” est un euphémisme pour désigner la “capitulation” »

Donald Trump a fait état samedi sur Truth Social d’un accord « largement négocié » avec l’Iran qui assurerait la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais les détails de l’accord n’ont pas été publiés et les deux parties ne semblent pas en donner la même interprétation. « L’avenir du programme nucléaire iranien, qui faisait partie des arguments avancés par M. Trump pour justifier le déclenchement de la guerre, restait incertain », a noté le New York Times. « Les responsables américains et iraniens ont également fait des déclarations contradictoires quant à ce qui avait été convenu. M. Trump a répété à plusieurs reprises que l’Iran devait renoncer à ses stocks d’uranium enrichi, que les États-Unis et Israël craignent de voir utilisés pour fabriquer une arme nucléaire. Les responsables iraniens ont déclaré que le mémorandum stipulait seulement que toutes les questions nucléaires seraient négociées dans un délai de 30 à 60 jours. »

Ce qui a poussé Ari Fleischer, ex-porte-parole de la Maison-Blanche sous George W. Bush et néoconservateur irréductible, à faire allusion sur X à l’une des demandes de Trump aux Iraniens : « On dirait bien qu’on est loin d’une capitulation sans condition. »

Le sénateur républicain du Texas Ted Cruz a renchéri sur la même plateforme : « Je suis profondément préoccupé par ce que nous entendons à propos d’un “accord” avec l’Iran, poussé par certaines voix de l’administration. La décision du président Trump de frapper l’Iran a été la décision la plus conséquente de son second mandat. Il avait raison de le faire, et nous avons obtenu des résultats militaires extraordinaires, y compris la destruction de tous leurs missiles et drones et le naufrage de toute leur marine. Si le résultat de tout cela est un régime iranien – toujours dirigé par des islamistes qui scandent “Mort à l’Amérique” – recevant maintenant des milliards de dollars, capable d’enrichir l’uranium et de développer des armes nucléaires, et ayant un contrôle sur le détroit d’Hormuz, alors ce résultat serait une erreur désastreuse. »

Ce que les néoconservateurs n’accepteront pas, c’est qu’une capitulation de la part de Trump est probablement préférable à une escalade militaire susceptible d’empirer la situation au Moyen-Orient et aux États-Unis.

(Photo Getty Images)

26 réflexions sur “Trump prêt à capituler ?

  1. belwet dit :

    Quand tu déclare une guerre à la con, tu te retrouves avec une capitulation à la con de la part de TACO.

  2. Mcdodo dit :

    ‘’Ted ,un autre crétin fini et mêlé comme son 🤡’’dit;nous avons obtenu des résultats militaires extraordinaires, y compris la destruction de tous leurs missiles et drones.

    Ah oui!? Et ben, aucun navires osent traverser le canal d’Ormuz.Et ton 🤡demande la réouverture du passage d’Ormuz.

  3. Jacques Bellehumeur dit :

    Finalement ce sont les Iraniens qui vont sortir gagnants, ils ne contrôlaient pas le détroit avant et n’avaient pas de visées pour fabriquer des armes nucléaires quoi qu’en disent Tromp et ses lieutenants. Et les fonds étaient bloqués.

    Cette guerre est catastrophique pour les USA et l’économie mondiale, et si la situation perdure les midterms vont être tout aussi catastrophiques pour le GOP.

    Il va donc « conclure » un accord perdant pour se sortir de ce guêpier et se déclarer grand gagnant. Comme d’habitude.

    Il ne capitule jamais car il gagne toujours. Dans sa tête.

    1. PATlecamer dit :

      @ Jacques

      En effet. Le problème pour Washington, c’est que plus cette crise avance, plus l’écart entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus devient visible.

      Le Trumpeur voulait projeter l’image d’une démonstration de force irrésistible. Or, si l’issue finale consiste à rouvrir Ormuz, débloquer certains avoirs iraniens, alléger la pression économique et revenir à des négociations sur le nucléaire sans démantèlement clair des capacités iraniennes, alors la M-B aura énormément de mal à vendre cela comme une victoire stratégique INCONTESTABLE.

      Qui plus est, c’est ce qui rend cette séquence politiquement dangereuse pour le GOP avant les midterms. Les électeurs américains tolèrent les démonstrations de force lorsqu’elles produisent des résultats NETS et RAPIDES. Ils deviennent beaucoup plus sceptiques lorsque les coûts économiques augmentent, que les marchés énergétiques vacillent et que les objectifs de guerre deviennent flous ou mouvants.

      L’autre élément important, c’est la PERCEPTION internationale.

      Même si l’Iran a subi des dégâts militaires importants, beaucoup de pays observeront surtout qu’après des frappes massives américaines, Téhéran reste droit dans ses bottes, conserve une capacité de nuisance régionale et revient à la table des négociations SANS avoir accepté les concessions fondamentales exigées au départ par Washington.

      Et effectivement, le voyou du bureau ovale possède une capacité politique rare : transformer chaque sortie de crise en récit personnel de victoire. Mais cette méthode fonctionne surtout lorsque la réalité économique ne CONTREDIT pas trop brutalement le discours !

      Si les prix de l’énergie restent instables et que l’accord apparaît trop ambigu, la communication présidentielle risque de ne plus suffire à masquer le caractère manifestement INCONFORTABLE de cette situation pour les É-U.

  4. Réjean Caisse dit :

    TED le petit homme Cruz, il semble oublier qu’il y avait une entente, que Trump gros malin à déchirer, cette entente signé par Obama (inacceptable pour Trump) exerçait un contrôle indépendant, sur l’enrichissement d’uranium Iranien. Trump pensait faire la même chose qu’au Venezuela, mal lui en à pris, la capitulation ne sera pas Iranienne.

  5. Syl08 dit :

    Tout cela sera présenté comme la plus grande victoire du plusss meilleur Prez des USA. Ils claironneront que c’est une entente 1500% meilleure que celle d’Obama. Les MAGA vont applaudir et partir un go fund me pour renflouer la petite caisse de Trump. Dans 15-20 ans, un autre Président américain déclarera que les Iraniens ont développé la bombe atomique et voudra les attaquer pour se faire du capital politique. La roue tourne quoi!

    1. Igreck dit :

      « La roue tourne quoi! »
      🎡

    2. PovDeRire dit :

      @ Syl08:
      C’est bien ça!
      On déchire l’histoire …
      on recommence, on revend des armes,
      la fausse vérité est encrassée dans les États-Unis…
      Et le peuple va continuer à dormir
      dans la benne de leur gros pick-up!
      ¯\_(ツ)_/¯

  6. marlap dit :

    Trump capitule parce qu’il n’a pas détruit le stock de missile et la marine iranienne. Il capitule parce qu’il sait qu’il a perdu la guerre et qu’il ne veut pas l’admettre.
    Trump a trouvé le moyen de renforcer le régime en place tout en lui donnant le contrôle total du détroit pour des décennies à venir. Faudrait que son parti se réveille et arrête de le prendre pour un héros.

  7. Duduche dit :

    Corrompu-47 aurait de la difficulté à finir un sudoku avec sa cervelle en décrépitude. Il n’est donc pas étonnant qu’il échoue dans ses guerres dans des coins dont il ne comprend même pas la géographie.

    Et si Cruz pense que lancer des bombes sur des gens va les faire arrêter de scander « mort aux USA », il devrait démissionner et aller se reposer au Mexique. Il connait le chemin du Mexique…

  8. Racza dit :

    « TRUMP PRÊT À CAPITULER ? »
    ou alors « TRUMP PRÊT À AVOUER QU’IL A CAPITULÉ (DEPUIS LONGTEMPS ? »

    1. Roger Allard dit :

      Numéro 2

  9. Madalton dit :

    Le président américain a déclaré qu’il ne tenait « pas du tout » compte de la situation financière des Américains dans ses négociations avec l’Iran. Pour Donald Trump, le but principal consiste à empêcher Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire.

    On dirait bien qu’il s’en crisse maintenant aussi que l’Iran développe l’arme nucléaire.

    Quand il va voir les commentaires négatifs à son égard, il va mettre fin aux négociations. TACO.

  10. Linda dit :

    Je commence à trouver que cette « excursion » ressemble à une joute de serpent/échelle. Ça monte , ça descend. Mais avec le 🤡 qui ne connait rien en négociation et qui envoie ses 2 crétins s’enrichir, je constate que le 🤡 a pris le gros serpent et il est revenu à la classe départ.

    1. Igreck dit :

      🎢 Ces « EN BAS » sont tous des « EN HAUT » dans sa cervelle malade❗️

  11. lechatderuelle dit :

    Les néo-conservateurs ont toujours la même rhétorique de Va-t’en-guerre… ce qui ne semble pas être la vision de la majorité des étasuniens.
    Leur volonté a toujours été absurde.
    Ils vivent encore et toujours dans un monde qu’eux seuls voient.

    Maintenant avec près de 3 mois de bras de fer avec l’Iran, force de constater que les étasuniens sont de sacrés incompétents en planification d’opérations militaires. Des amateurs.
    Avoir autant de ressources, de cerveaux, de types couverts de médailles, là aussi ce n’est qu’un décor, de l’illusion.
    Ça risque d’être aussi peu glorieux que la fuite de l’Afghanistan, concoctée, justement, par la même gang sous trump 1.

    L’Iran a quand même payé cher pour rien.

    La suite demeure floue.
    Que les EU soient les dindons de la farce, on s’en fout pas mal. Si la détente permet un semblant de normalité pour ce fichu pétrole, ça va calmer le jeu. On peut parier que les pétrolières ne baisseront pas les prix de sitôt malgré tout. Ils vont nous en raconter des salades pour nous expliquer l’inexplicable tout en maintenant les prix supérieurs à 1,75 du litre. Les pétrolières seront les grandes gagnantes de cette bêtise.

    Maintenant voyons si les EU pourront garder Israël en laisse et si l’Iran fera de même avec les satellites terroristes qu’ils subventionnent à coups de milliards…
    que de temps gaspillé pour rien.
    Extraordinaire cette volonté d’étaler son incompétence, son inefficacité dans toutes les sphères inimaginables par ce gouvernement étasunien.
    Faudra se souvenir de 2026. Le début de la fin des EU comme grande puissance économique, militaire et image de succès.

    Ridicule face à frite-sauce.
    Ridicule face aux mollahs.
    Ridicule face à Onze.
    Ridicule face au G7 et G20.
    Ridicule face à la science.
    Ridicule face à la santé de son peuple et de la planète.
    Ridicule en économie en surgonflant leur déficit.
    Ridicule en décorum, classe, éthique, pertinence.

  12. Gilles Morissette dit :

    Incroyable. Tous ces missiles lancés sur des civils innocents, tous ces morts, cette destruction pour en arriver à ça.

    « 47 » a voulu jouer au « gros bully de fond de cour d’école » en gonflant ses muscles mais la balloune de son ego démesuré lui a explosé en pleine gueule.

    Ted Cruz vient, une fois de plus, de faire honneur à sa réputation de « lèche cul » sans dignité, lui qui n’a même pas défendu sa conjointe lorsque « 47 » a attaqué cette dernière lors d’un débat durant la campagne électorale de 2016. Lui qui s’est « poussé » au Mexique en 2020 alors que le Texas avait été frappé par une série de tempêtes qui avait causé des dommages importants et des décès parmi la population.

    Il aurait intérêt à se fermer la trappe et à regarder la réalité en pleine face. L’accord que « 47 » est en train de mijoter pourrait constituer un recul au regard de l’Accord conclu par l’ex président Obama.

    Plus aucun doute. L’Iran pourrait avoir gagné cette guerre et les USA en ressortiront humilié en raison de l’incompétence, la stupidité, l’ignorance du « best president ever ».

    51 milliards (coûts de la guerre) foutus en l’air et qui ne feront que grossir un peu plus la dette de 4 000 milliards.

    Tout un « génie stable ». Dire que les Américains ont voté pour ça

  13. Madalton dit :

    HS, entrevue de l’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, où il dit qu’il ne comprend pas la frustration des canadiens de s’être vus imposer des tarifs. Il ne comprend pas pourquoi on importe plus d’alcool des ÉU, que l’on voyage moins aux ÉU et que les provinces misent sur l’achat local. Crisse d’épais, qu’est que le Make America Great Again?

    Il dit que si le Canada vendait de nouveau de l’alcool américain, ça n’amènerait pas un assouplissement des tarifs américains.

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2256059/pete-hoekstra-ambassadeur-trump?partageApp=appInfoiOS&accesVia=partage

  14. Apocalypse dit :

    Si Donald Trump capitulait dans une entente qui est (très) favorable à l’Iran et (très) défavorable aux États-Unis et … à Israël, on peut se demander ce que ferait ces derniers? Attaquer l’Iran pour saboter l’entente? 🤔

    Même si Israël attaquait l’Iran et ferait rager les États-Unis, on se doute qu’il y aurait des conséquences pour Israël, alors…

    On va donc continuer à suivre ce dossier de près.

  15. Robert T dit :

    Donald-le-pédo a obtenu ce qu’il voulait en attaquant l’Iran. On parle beaucoup moins de ses crimes de pédophile ! Quand le sujet de ses nombreux crimes fera surface à nouveau, il trouvera une autre façon de détourner l’attention, plus il sentira la soupe chaude plus il sera déterminé à commettre des crimes horribles pour s’en sortir. Un président élu démocratiquement en toute connaissance de cause par une population indigne. Ils connaissaient ses crimes et l’ont élu quand même. Ça va prendre plusieurs générations avant que cette population retrouve sa dignité alors N’ALLEZ PAS AUX ÉTATS UNIS, le monde est grand, ouvrez vos horizons, il y’a mieux que les plages du Maine avec ses hot dogs, ALLEZ AILLEURS ! Les états uniens sont des gens malades, violents et obsédés par l’argent, les armes à feu et leur stupide religion…

    1. onbo dit :

      @Robert T

      Ce que j’entends dans votre conclusion:

      « Les états uniens sont …présentement menés au bout du bâton par ….des gens malades, violents et obsédés par l’argent, les armes à feu et leur stupide façon d’utiliser la religion »

  16. Apocalypse dit :

    @Syl08 – 08:35

    « Tout cela sera présenté comme la plus grande victoire du plusss meilleur Prez des USA. »

    Donald Trump pourrait présenter une entente comme une grande victoire et une partie de sa base le suivrait, mais la grande majorité de la population est contre cette guerre et verrait cette entente comme une cuisante défaite des États-Unis.

  17. Toile dit :

    Faut retenir qu’à la base le déclenchement de la guerre avec l’Iran c’était comme la fable à l’envers du bœuf qui voulait avaler la grenouille. La suite incohérente et pleine de cacophonies face à un adversaire rompu et préparé à la guerre c’est révélé de l’ordre de vraie fable: la grenouille qui voulait avaler le bœuf.

    Que Taco arrive au bout du chemin avec des résultats abracadabrants tient de la pure logique et ce peu importe l’adversaire ce qui est dans la normalité de la fatalité.

    Sa dynamique pathologique fait en sorte qu’il ne peut accepter une défaite militaire ou autre. Comme d’habitude, la baguette magique changera le tout en une « patente à gosse » la plus belle de l’univers où il se mettra en valeur: la toute valeur de danger imminent déclarée à la sécurité de la nation n’existera plus, ce que les services de renseignement savait déjà.

    Le détroit d’Ormuz aura été son Waterloo. Le nucléaire avec des négos dans 30-60 jours c’est comme la proposition d’un laissé sur table: dans la vraie vie ça ressemble souvent à reporter aux calandres grecques.

    Le tout est un gâchis indescriptible sur le plan humain et économique avec un quasi feu vert à la Chine envers Taiwan avec un rebrassage territorial marin dans la mer de Chine.

    Le Best president ever………..

  18. Mcdodo dit :

    Pendant ce temps , l’essence a la pompe a doublé depuis qu’il🤡 a mis le bordel en Iran et qu’il disait ce même 🤡 que la préoccupation des citoyens, il s’ent fouttait comme dans l’an quarante.
    J’espère que ces citoyens vont parler aux urnes du mi-mandat de novembre.

  19. probert dit :

    Mes voisins sont des iraniens établis au Québec depuis plusieurs année. Ils ont encore beaucoup de famille en Iran. Le grand père a échangé régulièrement avec sa famille depuis le début de la guerre. J’ai aussi parlé avec lui de la période de répression qu’il y a en Iran avant la guerre et des gardiens de la révolution qui ont tiré à l’aveugle sur une foule de manifestants. Il me disait combien il y avait eu de victimes de cette répression. 40 000 !

  20. PATlecamer dit :

    Hum!…. L’administration Trump est peut-être en train de découvrir la limite fondamentale de sa stratégie au Moyen-Orient : il est facile de déclencher une démonstration de force spectaculaire ; il est beaucoup plus difficile de transformer cette démonstration en victoire POLITIQUE crédible.

    Depuis le début de cette crise, le voyou du bureau ovale a vendu l’idée d’une opération capable de restaurer la domination américaine, de briser les capacités stratégiques iraniennes et de rétablir une dissuasion régionale que Washington estime érodée depuis des années. Or, ce qui se dessine aujourd’hui ressemble moins à une conclusion victorieuse qu’à une sortie de crise improvisée sous pression ÉCONOMIQUE et GÉOPOLITIQUE.

    Derrière les déclarations triomphales de la M-B, une réalité beaucoup plus embarrassante apparaît : les objectifs initiaux semblent déjà avoir été révisés à la baisse.

    Le cœur du problème est là.

    Après des frappes présentées comme décisives, les É-U négocient désormais un mémorandum dont les éléments connus restent extraordinairement vagues. L’Iran ne paraît pas avoir accepté l’abandon clair de son uranium enrichi. Son programme balistique demeure intact dans les discussions publiques. Son influence régionale — du Hezbollah aux Houthis — n’est pratiquement pas traitée. Même la question centrale du nucléaire semble repoussée à de futures négociations. En d’autres termes, Washington pourrait finir par appeler “accord historique” ce qui ressemble surtout à un mécanisme temporaire de désescalade destiné à éviter un EMBRASEMENT régional incontrôlable.

    Et c’est précisément ce qui menace la crédibilité politique du Trumpeur. Parce qu’il ne s’est pas contenté de mener une opération militaire : il a dramatisé l’enjeu au MAXIMUM.

    Lorsqu’un président justifie des bombardements au nom d’une menace existentielle et promet un basculement stratégique majeur, il crée lui-même un standard politique extrêmement élevé. Si l’issue finale laisse l’adversaire DEBOUT, toujours capable d’enrichir de l’uranium et toujours influent dans la région, alors le récit de victoire devient beaucoup plus difficile à imposer — même avec l’appareil médiatique conservateur derrière lui.

    La réaction des néoconservateurs américains me fascine.

    Ceux qui soutenaient les frappes commencent déjà à parler comme des hommes qui sentent venir un compromis qu’ils jugent humiliant. Cela expose une fracture profonde au sein du camp républicain. Une partie veut une escalade totale jusqu’à l’effondrement du régime iranien ; l’autre comprend que les É-U n’ont ni l’appétit militaire, ni la stabilité économique, ni le soutien international nécessaires pour ouvrir une nouvelle guerre longue au Moyen-Orient. Le 47e se retrouve coincé entre ces deux réalités contradictoires : satisfaire sa base nationaliste hostile aux guerres interminables, tout en conservant l’image d’un dirigeant inflexible.

    Le danger électoral pour les midterms est réel. Si les prix de l’énergie restent instables, si les marchés continuent de réagir nerveusement au détroit d’Ormuz, et si aucun résultat concret n’émerge sur le nucléaire iranien, les démocrates disposeront d’un ARGUMENT extrêmement puissant : le 47e aura pris le risque d’un conflit régional majeur sans obtenir les objectifs qu’il avait lui-même annoncés….

    Mais le plus dangereux pour lui pourrait venir de son propre camp. Les républicains interventionnistes pourraient présenter cet accord comme la preuve que la M-B a frappé fort…. avant de négocier faible.

    Cette crise révèle surtout quelque chose sur la puissance américaine contemporaine.

    Washington conserve une capacité militaire écrasante, mais il lui devient de plus en plus difficile de transformer cette supériorité en résultats politiques durables. Bombarder est simple. Redessiner l’équilibre stratégique du Moyen-Orient sans provoquer une explosion économique mondiale, une fracture diplomatique avec les alliés ou un enlisement régional ne l’est pas.

    L’époque où les É-U pouvaient imposer seuls leur ordre par la force s’érode progressivement, et cette séquence pourrait devenir l’un des exemples les plus visibles de cette TRANSFORMATION.

    Le paradoxe en fin de compte est brutal pour le Trumpeur : s’il poursuit l’escalade, il risque une guerre régionale susceptible de déstabiliser son mandat avant les élections ; s’il valide un accord trop ambigu, il fragilise l’image d’autorité absolue sur laquelle repose une grande partie de son capital politique.

    Dans les deux cas, la promesse d’une démonstration de force rapide et incontestable laisse place à une impression beaucoup plus dangereuse pour un président américain : celle d’une puissance contrainte de redescendre de ses propres ambitions !

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