Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Après avoir dévoré les romans de Louis Penny, Hillary Clinton s’est liée d’amitié avec la créatrice de l’inspecteur-chef Armand Gamache. Au point où les deux femmes ont décidé d’écrire ensemble State of Terror, un roman dont la sortie est prévue mardi. Le New York Times en publie ce lundi une critique plutôt sympathique. Celle-ci prend fin par l’attribution à l’ex-première dame des États-Unis du « prix du meilleur thriller des Clinton en 2021 », Bill ayant fait paraître son deuxième avec James Patterson plus tôt cette année.

Le Times résume ainsi l’intrigue « ambitieuse et apocalyptique » du livre : « Rien de moins que l’avenir du monde est en jeu. Au début du roman, Ellen Adams, ancienne propriétaire d’un empire médiatique international, a été invraisemblablement nommée secrétaire d’État américaine par Douglas Williams, le président condescendant à la candidature duquel elle s’était opposée. Épuisée et débraillée après être rentrée de nuit d’un voyage désastreux en Corée du Sud, elle arrive en retard au discours sur l’état de l’Union prononcé par Williams. […]

« Les choses sont sur le point d’empirer. Une bombe explose à Londres, une autre à Paris, une troisième à Francfort. Elles sont liées, mais comment ? Les soupçons se portent sur Bashir Shah, un diabolique trafiquant d’armes pakistanais ‟déterminé à créer un enfer sur terre”. Shah a été secrètement libéré de prison avec la bénédiction du précédent président américain. Il déteste Ellen, dont la société de médias a révélé ses crimes; il pourrait même avoir tué son mari en utilisant un poison intraçable. »

La critique du Times affirme que les fidèles de Louise Penny retrouveront dans ce roman une part de ce qui fait le charme de son oeuvre, y compris « la charge émotionnelle de l’écriture, la tendance à faire miroiter des présages et à attendre un certain temps avant de les résoudre, la description de l’amitié, les paragraphes courts, les aperçus philosophiques ». Mais ce roman est aussi destiné aux accros de la politique.

Ceux-ci « se délecteront des insultes voilées adressées à des personnes de la vie réelle. […] Le premier ministre britannique est un ‟imbécile de la classe supérieure” qui dissimule son manque de profondeur en débitant des ‟phrases latines approximatives”. Le président russe est un tyran impitoyable et calculateur qui a fait tourner en bourrique la précédente administration américaine.

« Clinton et Penny réservent leurs insultes les plus senties à l’ancien président Eric Dunn, un tribun prétentieux et grandiloquent qui a détruit la réputation du pays et s’est retiré en Floride pour bouder, jouer au golf et préparer son retour. Bien sûr, Dunn est charismatique, avec une capacité étonnante à exploiter les faiblesses des gens, mais c’est aussi un idiot. Même ses plus proches associés l’appelaient ‟ Eric l’idiot ”. »

(Photo CBS News)

21 réflexions sur “Hillary Clinton, romancière

  1. MarcB dit :

    Est-ce que le livre commence par « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. »?

    Le plus ironique est que Trump ne pourra pas faire autrement qu’attirer de la publicité pour ce livre en déblatérant à son prochain rallye des inepties du genre: « Fake writer », « I could have written a better book »…

    1. Haïku dit :

      MarcB
      Excellente remarque ! 👌

    2. marylap dit :

      C’est pas comme si le Former Guy allait lire le livre. Tout ouvrage de plus de 3 pages ne contenant pas d’illustrations est trop compliqué pour lui.

      1. MarcB dit :

        surtout si les pages centrales ne se déplient pas. 😉

      2. jeanfrancoiscouture dit :

        Et on pourrait aussi penser que tout ce qui ne parle pas de lui ne l’intéresse pas du tout.

  2. Mona dit :

    Hillary Clinton ne m’est pas particulièrement sympathique mais si elle réussit à faire rire la Middle class bien propre sur elle de ces extrémistes transformés en abrutis, je dis mille fois bravo 👏👏👏
    Humour, ironie, grincement de dents, satire, vacheries seront d’une efficacité redoutable face à ces vendeurs de savonnettes qui ne connaissent que les shows colorés, les phrases courtes qui sonnent, les postures à hauteur d’yeux, les rires gras, les clins d’oeil de connivence et toute la panoplie du bon vendeur qui vend son produit dégueulasse parcequ’il est en-tête de gondole !
    Allez Clinton, donne leur un bon coup de pied au c.. et fait les rire à gorge déployée 😊
    Oui, le ridicule tue.

  3. jeani dit :

    Je prédis qu’un ex-président va aussi se lancer dans l’écriture assisté par l’un de ses anciens collaborateurs, plus dégoulinant que la moyenne.

    Tous les chapitres seront une répétition des précédents.

    Le titre du livre: Fu …ck the democraty

  4. Haïku dit :

    “Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu.”
    (J. Renard)

  5. marie4poches4 dit :

    Est-ce que Eric Dunn se fait réélire dans ce roman?

    1. Haïku dit :

      Bonne question ! 😎👍

  6. spritzer dit :

    « Le président russe est un tyran impitoyable et calculateur qui a fait tourner en bourrique la précédente administration américaine. »

    Ainsi que celle qui l’avait précédée quand il est intervenu en Syrie pour empêcher la chute du régime. 😈

    Donc c’est Ellen Adams (Hillary) qui sauve le monde d’un musulman diabolique au travers d’une galerie de dirigeants incompétent, prétentieux ou impitoyable. C’est un thriller si je comprends bien mais ça ressemble plutôt à une comédie, mais le Times en fait une critique sympathique alors c’est sûrement bon. 😉

  7. brady4u dit :

    @Mona

    « et fait (sic) les rire à gorge déployée »

    Vous avez l’humour plutôt noir ou déplacé si vous faites référence au Père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray ou du professeur Samuel Paty à Conflans-Saint-Honorine.

    1. Mona dit :

      @brady4u
      Oups !! Simple inversion de ma part du « les » fait rire…
      L’humour oui mais pour de telles horreurs j’aurais du mal !

  8. gigido66 dit :

    Elle avait de la matière en quantité industrielle pour écrire ce roman. L’écriture fait du bien, ça exorcise tout le méchant qu’elle a en elle face à cet hurluberlu qui lui a ravi la place de présidente et l’a empêché de briser le plafond de verre. Elle a rongé son frein longtemps, il était venu le moment où elle pouvait. enfin manipuler à sa guise un personnage ressemblant probablement à muppet jaunie.
    Je lui souhaite beaucoup de succès.
    « La chose » elle-même, comme le mentionnait MarcB, va donner un bon coup de pouce à la vente de ce roman en le dénigrant sans même l’avoir lu, trop long, trop de mots difficiles, mais en étant certain que le roman a, comme personnage principal un aussi minable que lui. Sa garde rapprochée va lui dessiner et colorer des bouts d’intrigues et, partant de ces courts, très courts résumés, le hamster dans sa tête va « spinner »:pas à peu près dans sa roue et il va dénigrer haut et fort tout ce que fait le personnage, mais en faisant cela, il va s’autocritiquer…en fait d’effet miroir, c’est pas mal génial!
    🤔👏👍

    1. Haïku dit :

      gigido66
      Très intéressante analyse ! 👌

    2. Mona dit :

      @gigido66
      Je seconde Haïku

    3. Layla dit :

      J’ai savouré en lisant la critique de ce livre, je salive en pensant que l’autre doit baver en entendant cette nouvelle.

      Je n’ai aucun doute qu’elle s’est fait plaisir en écrivant ce livre, je salue son audace.

      Il n’aura pas besoin de lire une seule page au complet de ce livre pour être piqué au vif…😜 juste lire « l’ancien président Eric Dunn, un tribun prétentieux et grandiloquent qui a détruit la réputation du pays et s’est retiré en Floride pour bouder, jouer au golf et préparer son retour. » il va carrément perdre le nord dans le sud.

      Même s’il choisissait d’ignorer ce livre cela n’en serait que plus drôle😂😂😂, parce que le gars on le connaît…tellement il s’est mis à nu au cours des dernières années.

      Elles ont vraiment écrit « bouder » ? oh my God.

  9. cotenord07 dit :

    Pour ajouter au réalisme, ça prendrait au roman un petit volet Tom Clancy, selon moi.

    Par exemple :

    « Sans consulter personne au sein des agences spécialisées du gouvernement des États-Unis, la secrétaire d’État décide soudainement de faire installer un serveur de courriels dans une de ses propriétés, pour y faire transiter ses courriels personnels et ses courriels de fonction. Elle demande à un quidam sans compétence particulière d’assumer la responsabilité d’administrateur de son réseau improvisé.

    Le FBI et la NSA découvrent par la suite que certains des courriels acheminés sans protection particulière et sans chiffrement cryptologique auraient dû être classifiés Top Secret, qu’ils ont été facilement interceptés par les services secrets russes et chinois, et qu’ils ont ainsi permis à des puissances étrangères hostiles de contrecarrer certaines actions du gouvernement des États-Unis.

    Après avoir quitté le pouvoir, la secrétaire d’État décide d’aller suivre un cours de cybersécurité, afin de finir par comprendre ce qui s’est passé… »

    🙂 🙂 🙂

    1. Benton Fraser dit :

      Il faudrait modifier que « sous le conseil de son prédécesseur, la secrétaire d’État décide de faire installer un serveur de courriels »…. ce qui serait plus proche de la réalité!

  10. Igreck dit :

    Rien, absolument rien ne peut battre la médiocrité qui s’est installée à la MB de janvier 2017 à janvier 2021… Rien❗️😡

  11. sousmarin dit :

    Hilary s’investit plus dans le lifting que dans l’écriture, je pense…

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