Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Les voyages sont évidemment la façon dont la plupart d’entre nous avons découvert les États-Unis et tissé des liens d’affection avec ce pays. Mais il y a aussi la famille, qui se manifeste parfois de façon inattendue, comme le raconte Mona, qui nous offre ce dernier témoignage dans la série qui a accompagné la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2020 :

«C’est avec joie que je partage un fragment de l’histoire qui me relie et me lie à l’Amérique. 

Il y a plusieurs années je reçois un coup de fil à Paris. Au téléphone une voix au fort accent américain me demande s’il est bien chez Monsieur Marcello E.
«Oui, c’est mon mari.
– Je suis son cousin de New York.»

Qui ne serait pas stupéfaite de voir débarquer dans sa vie un cousin dont il ne savait pas où il se trouvait. Il faut dire que mon mari est l’unique survivant en Europe d’une famille décimée par la Shoah.

La rencontre fut magnifique. Le cousin venait à Paris pour commémorer ceux qui l’avait sauvé enfant. Son humanisme était le même que celui de la famille de résistants.

Et en peu de temps, moi qui voyait l’Amérique contrastée à travers le Living Theatre, les Escadrons de la mort en Amérique latine ou le jazz au sortir de la guerre, j’ai découvert une autre histoire, une autre dimension : un amour et une reconnaissance sans faille de ces juifs d’Europe sauvés par un pays qui a bien voulu d’eux.

Et moi aussi, et grâce à eux, j’ai appris à aimer cette Amérique là profondément.»

Merci à Mona, et merci à tous ceux et celles qui ont offert tout au long de la semaine des témoignages sur cette Amérique que nous aimons, malgré tout. Je n’ai pas pu tous leur consacrer un billet à part mais je les ai lus avec un plaisir et une émotion que plusieurs lecteurs ont partagés avec moi, j’en suis sûr.

Le blogue de Richard Hétu
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(Photo The Buffalo News)

23 réflexions sur “L’Amérique que nous aimons (5)

  1. MarcoUBCQ dit :

    Je me demande si Donald et ceux qui l’aiment ne s’accrochent pas au passé glorieux de ce pays, malgré tout. Pendant longtemps ce fut un lieu d’espoir, d’opportunités et de liberté. Mais refuser de voir les défis présents et futurs font plutôt de ce pays un vestige du passé. L’histoire nous dit que les empires ont leur période de gloire et puis leur déclin. Que réserve l’avenir aux États-Unis? À suivre…

    1. kelvinator dit :

      Le conservatisme est par essence la recherche du passé. Prétendre que c’était mieux avant.

      L’âge apporte surement une influence dans la perception. Une personne âgée se rappelle ses belles années en privilégiant ce qui était bon, ce qui était meilleur. Cela peut lui donner une vision plus négative de la situation actuelle, aux nouvelles normes sociales, culturelles. Par opposition, un jeune qui ne connait que la période actuelle voit lui aussi les travers de la société, mais n’a pas le même comparatif que la personne âgée. Il projette dans le futur la société qu’il souhaite. C’est pourquoi les jeunes sont plus progressistes et les vieux plus conservateurs, en règle général.

      1. igreck dit :

        Vous faites bien de terminer par « en règle générale » ! Parce que je connais quelques jeunes plutôt vieux et beaucoup de vieux vraiment jeunes… en cour et d’esprit !

      2. igreck dit :

        … jeunes de cœur et d’esprit !

  2. Gina dit :

    @MarcoUBCQ
    Pour certains partisans républicains c’est l’égoisme qui prime .

  3. Stellaire11 dit :

    Un bel exercice qui nous as permis d’en savoir un peu plus sur la diversité des expériences et des perceptions des personnes qui peuplent ce blogue, y compris notre blogueur favori, Richard.

    Merci à tous pour ces tranches de vie savoureuses, parfois épicées, mais combien humaines.

  4. gl000001 dit :

    C’est le fun de trouver ou retrouver de la famille.
    C’est un peu triste mais un notaire italien m’a retrouvé pour me donner l’héritage d’un cousin italien que je ne connaissais pas. J’aurais aimé le connaitre se son vivant. Il était très riche.
    😉

    1. kelvinator dit :

      Il doit avoir beaucoup de gens qui ont de la parenté au Nigéria!!

      1. gl000001 dit :

        La lette (papier oui !) avait été oblitérée à la Cote D’Ivoire. Endroit très réputé pour ces fraudeurs !

  5. kelvinator dit :

    De pouvoir tous parler d’un sujet qui nous touche directement pendant une semaine aide à étendre le tissu communautaire du blogue!
    C’était une très bonne idée. Ça nous aide à connaître un peu plus les autres participants et de créer cet esprit communautaire. Le blogue grandit quand même, j’ai entendu une référence au blogue à Radio-Canada dernièrement. C’est bon. Longue vie!

  6. Haïku dit :

    @Mona.
    Merci pour votre superbe témoignage! 👌👌

  7. Madalton dit :

    HS, 82 000 nouveaux cas aujourd’hui, et la journée n’est pas finie. 6000 cas de plus que le record du 16 juillet. C’est quoi qu’il disait le moron hier soir? Ah oui, ça diminue partout.

    1. gl000001 dit :

      Ils sont vu Biden à la télé hier soir et ils sont tombés malades d’avoir vu un socialiste qui veut tarir le pétrole. Après les grossesses sympathiques, le COVID sympathiques. Ou imaginaire !

      1. Madalton dit :

        Si c’était vrai, ça ferait 82 k électeurs de moins pour Trump. 😁

        Ce n’est parce qu’on rit que c’est drôle comme disait Croc.

  8. Daniel dit :

    En premier il y a eu un voyage dans le Maine avec mes parents! J’avais dix ans et je me souviens des odeurs de poisson et d’algues de mer ! Puis un première rencontre de deux californiens qui se sauvaient de la guerre du Vietnam où ils ne voulaient pas se faire tuer….nous étions étudiants à Liverpool en Angleterre au début des années 70. Ils chantaient dans les clubs de folk et je les accompagnaient à la guitare pour gagner quelques sous pour qu’ils survivent. Nous étions jeunes et la partagions le même idéal, celui de pouvoir changer le monde ( peace and love)
    Une autre rencontre d’un américain quelques années plus tard alors que je travaillais sur un navire dans la mer de Beaufort. Il y a eu une explosion et un membre d’équipage a été gravement blessé…il a fallu appeler l’hélicoptère de secours et malgré l’interdiction de voler la nuit, le pilote a réussi à nous repérer sinon il se perdait….je lui ai parlé plus tard et il m’a dit qu’il avait fait la guerre du Vietnam et que pour lui sauver des vies était seconde nature.
    Et il y a eu le Capt David Smith de New-York qui avait piloté des navettes dans le delta du Mekong sous les tirs des Vietcong. Nous avons travaillé ensemble à diriger des navires d’aide vers la Colombie.
    Ces américains qui ont influencé ma vie sans qu’on parle de politique…ce n’était pas nécessaire on se comprenait.

  9. Pierre Kiroule dit :

    « un amour et une reconnaissance sans faille de ces juifs d’Europe sauvés par un pays qui a bien voulu d’eux. »

    Et pourtant, en 1939, les États-Unis ont refusé l’entrée à plusieurs centaines de juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie.

    Deux cent cinquante-quatre d’entre eux ont péri par la suite dans les camps de la mort.

    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/01/31/il-y-a-75-ans-les-etats-unis-renvoyaient-254-migrants-vers-la-mort-dans-les-camps-nazis_5072398_4832693.html

  10. Haïku dit :

    HS.
    C’est vendredi, prise deux…..
    ———–
    Un homme s’en va rejoindre sa maîtresse.
    Arrivé chez elle, elle a l’air affolée.
    Elle finit par lui avouer :
    – Le préservatif a pété. Je suis enceinte !

    L’homme, ne sachant quoi faire, et voulant surtout éviter que sa femme le découvre, lui propose:
    – Tu vas déménager en Italie.
    Je m’occupe de tout : l’avion, ton hébergement…
    Seule chose : quand l’enfant naîtra, envoie-moi une carte postale avec seulement écrit dessus : »spaghetti ».
    ——
    Environ neuf mois plus tard, la femme rentre avec le courrier et dit tout étonnée à son mari qu’il a reçu une carte postale d’Italie.
    Celui-ci s’empresse de la lire, et perd connaissance….
    La femme appelle l’ambulance.
    À l’arrivée, les premiers répondants demandent ce qui s’est passé.
    La femme leur montre seulement une carte postale sur laquelle il est inscrit :
    « Spaghetti, spaghetti, spaghetti, spaghetti; deux avec boulettes, deux sans boulettes »

    1. Madalton dit :

      😄😄

    2. igreck dit :

      Savoureuse !

  11. onbo dit :

    Dans le Charlevoix des années soixante, la seule façon d’espérer pour les garçons une formation plus avancée était de les placer « pensionnaires » chez les Rédemptoristes de Ste-Anne de Beaupré. J’y ai côtoyé dans le quotidien de la salle de classe de véritables érudits. Latin, Grec, la musique classique, la peinture, la sculpture.

    C’est aussi là que j’ai découvert l’Amérique par les contacts occasionnels avec les touristes et pèlerins provenant de la côte est des USA; et aussi par l’observation des vitraux tout autour de la nef, une gracieuseté de nos voisins du sud dont le sentiment religieux m’impressionnait.

    Une particularité de Charlevoix, à partir de 7 heures du soir, à l’époque, les postes de radio AM en anglais remplissait progressivement les ondes radios. Je me souviens des feux de camps quotidiens en été où on se retrouvait ensemble sur la grève à écouter nos premiers succès en anglais provenant en ligne directe sur le fleuve depuis Buffalo. C’est sur « WPTR Fifteen Forty. 1540 Buffalo, que chaque soir de l’été 1964 on a entendu « I love you yé yé yé »! des Beatles, puis « I want to old your hands » pour la première fois. À la première écoute, mes frères et soeurs étaient envoutés tout comme moi.

    Puis ce fut 3 étés consécutifs à Old Orchard, le voyage des gars, avec notre grande soeur comme modératrice. Première rencontre avec l’océan, la senteur d’une bibite au fromage qui s’appelait pizza et qui se mangeait sur la main, puis le premier baiser d’ado à l’ombre des jeux et attractions dont je me souviens encore.

    Et comme la vie est une roue, trois décennies plus tard, je rencontre une américaine qui cherche un petit coin de silence comme village d’adoption. Je cherchais une résidence au même moment. Elle me confie gratuitement sa maison pour tout l’hiver puisqu’elle doit retourner travailler au NJ. La gentillesse de cette petite famille dont j’ai vu les enfants grandir depuis plus de 20 ans m’a littéralement comblé. Je suis allé plusieurs fois à Cape May, visité le New-Jersey, la Grosse Pomme de nuit, et passé un mois de rêve à Belleville.

    Comme je m’étais mis à bricoler autour de la maison quand mon amie était au travail, chaque fois que je revenais de la quincaillerie à pied, les résidents avaient compris que je m’arrêtais pour examiner les pièces de bois mis au recyclage au bord de leur terrain. Ils sortaient me dire que OUI je pouvais tout prendre. Le message a fait le tour des gens sur ma route. Je revenais les bras pleins de pièces de plus en plus belles. J’aurais pu rester à Belleville tant il y avait d’accueil dans leur regard et d’affection dans leurs gestes. Merci Belleville, NY, de m’avoir ouvert votre cour et votre coeur.

    Merci à vous monsieur Hétu de nous gâter avec vos billets.

  12. Toile dit :

    Fin de mon périple de 3 mois : arrêt de 2 semaines chez tante Marie, Huntington Beach, CA. Et que j’avais hâte d’être à la chaleur mais surtout au sec. 18 jours / 30 de pluie torrentielle en moto dans le Delta du Mekong et sur la piste d’Ho chi Ming et un typhon pour finir à Hoan, Vietnam.

    Tante Marie, une battante de naissance. Tous les cancers lui sont tombés dessus. Ma tante préférée, avouons le. Elle m’offre le projet d’aller à San Francisco par l’autoroute sur l’aller et par la A1 pour revenir car c’est facile de s’arrêter le long de la mer, pas besoin de traverser les lignes doubles. On part. On couche chez l’une de ses filles qui dans les faits habite un minuscule appartement dans le sous sol d’une banlieue de san Francisco…. quasi à la facon « popa et moman ». Un beau 5 jours de visite dans cette ville puis retour par la côte. Arret à Oakland pour une pizza style Chicago. On s’obstine sur qui va payer, elle gagne. Arrivée à la guérite d’entrée du 16 miles drive, bon c’est fini tante Marie, tu ne paies plus rien. Oups……. plus de porte monnaie, surement perdu à Oakland. Donc plus de carte de crédit non plus et surtout plus de permis de conduire. Que cela ne tienne on est heureux, fous comme des balais, on arrête à tous les maudits 3 km histoire de prendre des photos, accrocs que nous sommes. Marie est heureuse, elle fait ce qu’elle veut non contrainte par les commentaires de son mari qu’elle s’arrête encore pour prendre des photos car cette route elle l’a connait comme le fond de sa poche. A ce rythme, ca va nous prendre 3 semaines pour revenir et on rit. Le Getty museum, ouf…

    Ce séjour en 2005 c’est un renouveau pour moi…. comme 45 ans plus tard. Maman a 2 soeurs et un frère en Californie. A l’époque grand maman y habitait aussi. Maman décide d’aller voir sa famille … en train pour 3 mois. Papa reste en ville. J’ai 8 1/2 ans et mon frère 2. Une affaire de 3 jours. Changement de train à Toronto puis à Chigago. Nous avons la couchette de la dernière chambre du dernier wagon et comme de bonne raison le wagon restaurant est en avant. Maman nous ouvre les portes et chaque fois elle bleuit. Et comme de bonne raison, ses enfants ont besoin de faire pipi donc que des allers retours pour elle. Elle est arrivée à Los Angeles en lambeau. Mais le merveilleux c’etait de pouvoir être sur la petite galerie du wagon à sentir l’air du désert, à le voir. le portier nous ouvrait la porte. Disneyland, un souvenir indélébile. Yosemite park, on perd frérot. Tante Marie a escaladé le Half Dome. Frerot nous fait à nouveau fausse route à l’aquarium. On le retrouve béat devant les poissons. C’est aussi là que j’ai appris à plonger. Les vagues du Pacifique. Incursion aussi au Mexique.

    De retour chez nous, papa demande à son fils « et comment fut ton voyage en train? «  ah, parfait, on couchait en haut et maman en bas avec le noir » parce que pour lui, ce qu’il gardait comme image avant de dormir c’était celle de la présence du monsieur dans la cabine.

    Tante Marie c’est ma meilleure. Elle pas de problème à 70 ans. Sac à dos, on part seule en Amérique du sud en mode stand by en raison du rabais : son fils est commandant sur une ligne aérienne. Elle ne le fait plus à 83 ans mais sa vivacité est toujours là.

    ps j’ai encore tous mes desseins dont celui d’un éclair en L vu du train.

  13. Mabuse dit :

    L’Amérique (?) que nous aimons (?) Il est vrai que l’amour est aveugle et que l’amour du bien amène souvent à fermer les yeux sur le reste. Malheureusement le reste est si important aux États-Unis qu’il enterre souvent le bien! Trump n’en est pas la cause: il n’en est que la plus récente manifestation mais non la dernière.

    Il y a en effet une « Amérique » qui me rebute profondément et qui y a toujours été présente et dangereuse. Il faut lire le reportage de Nicolas Bérubé dans La Presse+ sur le nouveau livre, Authoritarian Nightmare, de Bob Altemeyer, professeur de psychologie à la retraite, et John W. Dean, ancien avocat de la Maison-Blanche dans l’administration Nixon: https://plus.lapresse.ca/screens/96847f4c-9bf9-46b1-831f-cbde5d9770d2__7C___0.html

    « L’an dernier, nous avons demandé à la firme Monmouth de mener une enquête auprès d’un échantillon représentatif de près d’un millier d’Américains susceptibles de voter à l’élection présidentielle. L’une des déclarations auxquelles les gens devaient répondre était : « Une fois que nos dirigeants gouvernementaux et les autorités auront dénoncé les éléments dangereux de notre société, il sera du devoir de chaque citoyen patriotique d’aider à éliminer la pourriture qui empoisonne notre pays de l’intérieur. » La plupart des partisans de Trump (52 %) étaient d’accord avec cette affirmation, alors que presque tout le monde était fortement en désaccord. Cette déclaration, en passant, va plus loin que de simplement laisser le gouvernement construire des camps de concentration, enfermer ses ennemis dans des goulags et les torturer à mort. L’accepter signifie que la personne qui participe au sondage dit qu’il serait de son devoir de prendre part à la répression. Dans les faits, elle dit : « Où dois-je m’inscrire ? »

    S’il perd les élections de justesse, il est certain que Trump incitera ses partisans à chasser les ennemis démocrates.

    Au bord de lancer la serviette sur ce pays qui me désespère, j’ai donc hésité à verser ma contribution au blogue avant les résultats des élections, mais je l’ai versée, en me disant que le pire, bien que plus probable aux États-Unis qu’ailleurs, n’est pas toujours sûr.

  14. Cubbies dit :

    J’aimerais remercier M. Hétu pour cette brillante idée de partager ces récits et expériences personnelles qui illustrent bien la diversité des participants à ce blog vivant. Nous sommes en mesure de voir les couleurs et nuances de chacun. Les États Unis sont un grand pays qui semble se perdre dans son bruit de fond discordant. Malgré tout, vos témoignages m’inspirent pour la suite des choses.

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