Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

«Les forces illibérales gagnent du terrain partout dans le monde et trouvent un puissant allié en Donald Trump, qui représente une réelle menace contre la démocratie. Notre résistance ne devrait pas conduire au dogmatisme ou à la coercition. L’inclusion démocratique que nous appelons de nos vœux ne peut advenir que si nous refusons le climat d’intolérance général qui s’est installé de part et d’autre.»

Ce qui précède est un extrait d’une lettre signée par un collectif de plus de 150 écrivains, journalistes et artistes, dont Margaret Atwood, Salman Rushdie et Wynton Marsalis, et publiée mardi dans la revue américaine Harper’s. Tout en saluant «les puissantes manifestations en faveur de la justice raciale sociale» qui se déroulent dans plusieurs pays, dont les États-Unis, les signataires dénoncent la censure qui «se répand largement aussi dans notre culture : intolérance à l’égard des opinions divergentes, goût pour l’humiliation publique et l’ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante».

La lettre, dont je cite une version traduite par Pauline Colonna d’Istria et publiée dans Le Monde, se conclut ainsi : «Nous rejetons les faux choix qu’on nous présente entre la justice et la liberté : l’une n’existe pas sans l’autre. En tant qu’écrivains, notre métier repose sur la marge que la société nous accorde pour l’expérimentation, la prise de risque et même l’erreur. Nous avons besoin de préserver la possibilité d’un désaccord de bonne foi sans conséquences professionnelles désastreuses.»

Initiée par le journaliste afro-américain Thomas Chatterton Williams, la lettre fait allusion à des incidents auxquels j’ai déjà consacré un billet intitulé «Trop fragiles (ou intolérants), les journalistes?». Comme le souligne le New York Times dans cet article, la lettre a suscité de vives réactions sur les médias sociaux, y compris chez certains intellectuels qui ont critiqué la trop grande susceptibilité de signataires privilégiés qui craindraient de perdre leur place au sommet de l’échelle culturelle. Je publie sans les traduire quelques réactions négatives publiées sur Twitter :

Je donnerai le dernier mot à l’un des signataires de la lettre qui est également intervenu sur Twitter :

(Photos The New York Times/AFP/Getty Images)

52 réflexions sur “Lettre contre la censure… et les réactions qu’elle provoque

  1. Roger Allard dit :

    Le Duce ne sait pas lire. Ça ne devrait pas l’affecter.

    La culture n’a pas un grand poids politique.

    1. Toile dit :

      Aye, aye, aye, il sait lire…. conférence de presse de la MB le confirmant ! Pas des farces, être tenu de confirmer un acquis de 2 eme année primaire ( 144 mots) !

  2. kelvinator dit :

    Les réponses facétieuses ne font que confirmer la validité de l’opinion des académistes. Lorsqu’on est rendu à effacer l’histoire parce qu’elle nous rend inconfortable, c’est la preuve que quelque chose ne va pas bien.

    1. kelvinator dit :

      En fait ces critiques envers cette lettre ne font qu’appliquer le comportement habituel des trolls, ad-hominem pour éviter un vrai débat d’idées. On essaie même pas d’exprimer son opinion, de l’expliquer, on pense seulement d’accoler des qualificatifs négatifs à l’autre comme pour se donner raison tandis qu’en fait on fait que de montrer notre complète inaptitude à simplement débattre d’idées divergente. Exactement ce que dénonce la lettre, cette attitude omniscient et moralement supérieurs en tout…

      1. Bidulen dit :

        @kelvinator
        J’ai l’impression que vous ne faites pas la différence entre rendre hommage à des bandits et effacer l’histoire. Je vous donne un exemple: je suis allé à Hacienda de Napolis, en Colombie pour voir un musée sur Pablo Escobar. Je me sentais mal à l’aise devant l’hommage rendu à cet homme qui avait fait tant de mal. Selon moi, on devrait rendre hommage à des leaders positifs sans effacer la place ou le rôle des leaders négatifs.

      2. kelvinator dit :

        Je parle d’enlever le nom de George Washington ou Jefferson. Aucun confédéré, simplement des hommes politiques qui avaient des opinions personnels qui rende certaine personne mal à l’aise. Pour ma part, je trouve exécrable de vénérer un bully comme Muhammed Ali, mais jamais je ne tenterai d’effacer son nom des livre d’histoire et des représentations qui sont cher pour certains afro-américains.

        On peut souligner l’apport historique d’une personne, tout en ne cautionnant pas chacune de ses idées. Demandez-vous pourquoi cette opprobe touche seulement les hommes blancs.

    2. Richard Hétu dit :

      Effacer l’histoire? Où ça?

      1. kelvinator dit :

        Ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu parler des personnages historiques qu’on veut enlever ou supprimer?

      2. Benton Fraser dit :

        Je me posais la même question….

        On parle des négationnistes ?

      3. Benton Fraser dit :

        @kelvinator

        Enlevez des statuts n’enlève rien dans les manuels d’histoires…. seulement ne pas en faire des symboles.

        Certains ne mérites pas d’être glorifiés dans la rue, même pas de servir aux pigeons…..

      4. kelvinator dit :

        Brenton Fraser
        Les exemples historiques de successeur tentant d’effacer les traces historiques de leurs précurseurs sont assez nombreux on a qu’à penser aux Romains ou aux Égyptiens. Ne pas en faire des symboles n’est-ce pas la définition d’effacer leur accomplissement historique? Effacer leurs symboles simplement parce qu’on a de la difficulté à comprendre qu’une période de transition existe entre une société raciste et une société libre.

      5. Benton Fraser dit :

        @kelvinator

        Donc en gros, vous parlez de Trump qui veut effacer toute trace d’Obama!!!

        D’où ce lien avec la Rome antique….

      6. M.Rustik dit :

        J’avoue que Kelvinator m’interpelle sur son commentaire. La question de Richard Hétu est aussi pertinente: Effacer l’Histoire?

        Ou est la ligne entre « rendre hommage » et « rendre compte »? Si je prends l’exemple des statuts ségrégationistes (ou de la rue Hammerst à Montréal), certes elles montrent un passé gênant et le perpétue au présent. Doit-elle siéger comme monuments centraux ou être déboulonnés? C’est une bonne question. Pour moi, elles ne doivent pas être centrales, mais doivent continuer d’exister, avec si possible une note les accompagnants ou un autre monument qui dirait quelque chose du genre: un passé sombre de l’Humanité, à ne pas oublier, à ne pas recommencer.

        L’Homme répète souvent pour l’avenir en place et lieu d’apprendre de ses erreurs. Il ne faut pas effacer le passer, ou glorifier nos erreurs. Il faut apprendre et aller de l’avant, vers un meilleur futur.

        J’ai récemment visité Menzanar en Californie, là ou on a enfermé 11000 citoyens américains sans procès, juste parce qu’ils étaient d’origine nippone pendant la seconde guerre. Le monument doit rester, nous devons être conscient de nos erreurs, fait dans le but d’avoir plus de « sécurité » à cette époque. Mais des erreurs impardonnables. Si on efface le passé, qui s’en rappelle au présent? Qui des blogueurs ici connaissent Menzanar en Amérique ou Unit 731 en Chine?

        Ok pour déboulonner certaines statuts, mais pas pour les jeter, on doit les garder, se rendre compte qu’un jour on les a adulé malgré ce qu’elles représentent, et espérer qu’avec cette mémoire on ne referra pas les mêmes erreurs.

    3. Achalante dit :

      Vous oubliez que ces statues ont été mises en place pour réécrire l’histoire, et faire de la défaite confédérée une victoire morale. Enlever ces statues, c’est *restaurer* l’histoire, pas la réécrire. C’est enlever les mensonges que ces hommes méritent d’être célébrés, que la sécession était basée sur un idéologie bonne et louable, que c’est quelque chose dont ils doivent être fiers.

      La Guerre de Sécession et ses participants, ne seront pas oubliés; ils continueront d’être enseignés dans les cours d’histoire et les musées.

      1. M.Rustik dit :

        @Achalante… « sera enseigné dans les cours d’histoire »… vous y croyez vraiment?
        La déportation des acadiens n’est pas enseigné dans l’ouest chez le canadien anglais, ça ne fait pas parti du cursus. Hammerst, on ne parle pas de sa guerre bactériologique.
        Personne n’enseigne aux Metis qu’il y avait une manifestation de 50,000 francophones blancs à la mort de Louis Riel.

        L’histoire enseignée en cours est très local, et focus sur les gains des vainqueurs et/ou locaux.

      2. Achalante dit :

        @M.Rustik: Sauf que la Guerre de Sécession est l’un des grands moments de l’histoire des États-Unis. Il est, et restera enseigné.

        Évidemment que les Colombo-Britanniques n’apprennent pas la déportation des Acadiens. Ce serait honteux, d’une part, et d’autre part, ils couvrent probablement l’histoire de leurs Premières Nations à la place. Il n’y a malheureusement qu’un nombre limité d’heures de cours d’histoire du primaire au secondaire, et ces cours sont de plus en plus coupés pour donner du temps aux « matières importantes » comme les mathématiques et les sciences. Je me souviens que la révolte des Métis a à peine été couverte dans mes cours il y a plus de quarante ans. Il y a eu une révolte, menée par Louis Riel; ils ont perdu, Riel a été pendu pour trahison. C’est à peu près tout.

        Mais la Guerre de Sécession correspond davantage à la conquête anglaise du Canada qu’à la déportation des Acadiens; il s’agit de l’évènement majeur, pas l’une de ses conséquences. Je ne connais pas suffisamment l’histoire des États-Unis pour donner un véritable exemple, mais ça serait comparable peut-être Harriett Tubman aidant la fuite d’esclaves. Un évènement important, certes, mais limité géographiquement et au niveau des personnes concernées.

      3. kelvinator dit :

        Je ne parlais pas des confédéré.
        Je ciblait spécifiquement la dérive qui inclue n’importe quel homme blanc en autorité. Lorsqu’on est rendu à vouloir enlever le nom Woodrow Wilson d’une école, on atteint un point beaucoup trop subjectif, trop politique. Bref, pas du tout historique.

  3. karma278 dit :

    « Moi aussi, je déteste le sang sûr. »
    -Count Dracula
    😜😜😜

    1. Haïku dit :

      😉👌👌

  4. marylap dit :

    La ligne est mince entre la censure et la dénonciation valide. On ne peut pas avoir une démocratie sans débats. Que l’intolérance soit moins tolérée est une bonne chose, mais pas si on devient intolérant soit-même. On n’est pas obligé de canceller tous ceux avec qui ont est pas d’accord.

    1. gl000001 dit :

      On peut être intolérant contre l’intolérance. C’est d’ailleurs la base des mouvements de protestation ces temps-ci. C’est lorsque l’intolérance devient violence qu’il ne faut arrêter et tracer la ligne. Et comme vous dites, la ligne est mince.

    2. Achalante dit :

      Ma la question est : doit-on continuer à permettre les idées et comportements qui retiennent certaines personnes en arrière, ou sommes-nous capables de demander à ce qu’elles puissent prendre leur place, quitte à ce que les personnes normalement privilégiées attendent leur tour comme les autres, plutôt que de passer devant tout le monde? Laisser parler les autres, ça veut dire qu’il faut accepter de se taire pendant quelques minutes.

      La honte qu’ils reçoivent, c’est celle de n’avoir pas écouté les leçons, et de continuer à commettre les mêmes erreurs. C’est de continuer à brimer certaines personnes, volontairement ou non. La liberté d’expression est une bonne chose, mais elle vient avec ses conséquences: certaines personnes peuvent être en désaccord avec ce que l’on dit; et elles ont tout autant le droit de l’exprimer que les autres. Il faut être prêt à vivre avec les conséquences.

      Je soulève un dernier point plus mineur; ceux qui demandent cette justice sociale auprès des artistes et autres menacent rarement de meurtre, de viol, ou d’assault les personnes qu’elles dénoncent, contrairement à certains agents du statu quo. Si on voulait vraiment parler de tentative de censure, on devrait regarder vers ceux qui menacent de violence ceux dont ils refusent d’accepter l’existence.

  5. Felix-Antoine dit :

    La réaction à cette lettre prouve littéralement sa raison d’exister.

    1. Achalante dit :

      Les signataires ont le droit d’écrire cette lettre; les contestataires ont le droit de la contester. Et si vous écoutiez les arguments des contestataires, plutôt que de les balayer du revers de la main?

  6. Duduche dit :

    La lettre vise en grande partie une gauche extrême (le mouvement « woke ») qui, au nom de principes moralisateurs assez vagues mais qui devraient être imposés sans discussion, pour une question de « pureté » idéologique et non de raison, voudrait rendre la société aussi sclérosée dans une forme de puritanisme laïque qu’elle peut l’être dans une théocratie.
    En prétendant s’appuyer sur la « liberté » et des principes égalitaires, ils favorisent une société discriminatoire à force d’être imposés de manière indiscriminée. Et ils entrainent une réaction conservatrices qui peut profiter à des démagogues comme le bouffi-45..

    1. Benton Fraser dit :

      Sérieux!!!

    2. gl000001 dit :

      Les « principes moralisateurs » guident aussi les gens qui visent la rectitude politique (politically correct). Et elle est partout. Pas juste à gauche.

      1. Benton Fraser dit :

        On parle habituellement de « rectitude politique » lorsque l’on peine a assumer de dire n’importe quoi!

      2. gl000001 dit :

        Je ne comprends pas votre point de vue. Ceux qui utilisent la rectitude politique sont ceux qui ne veulent pas dire les vraies choses.

      3. Duduche dit :

        @gl000001: je suis d’accord que la « rectitude » (correcte ou incorrecte*) peut se trouver à différents niveaux dans le spectre politique, selon les individus. Mais c’est une forme de programme surtout dans certaines portions de ce spectre.

        * Par exemple, les suprémacistes blancs visent une forme de rectitude sociale, considérée (à raison selon moi) comme infondée. Les questions de fond de toute « rectitude » sont: qui en juge et sur quelles bases?

      4. Benton Fraser dit :

        Paradoxalement, c’est que la rectitude politique a le dos large….

      5. gl000001 dit :

        C’est ce que je disais. A gauche, à droite, en haut et en bas 😉

    3. Achalante dit :

      Wow. La gauche « woke » (« éveillée »), comme vous le dite, est celle qui a accepté d’ouvrir les yeux sur la répression systémique de certaines parties de la société. Elle cherche à redonner sa place aux communautés désavantagées. Et ça veut dire, oui, que certaines personnes doivent parler un peu moins pour permettre aux autres de trouver leur voix. Il ne s’agit pas d’empêcher complètement de parler les personnes privilégiées, juste de les empêcher de parler *pour* les autres, parce qu’elles ne connaissent pas la réalité des autres.

      Prenons un exemple extrême : le « black-face ». Devrait-on permettre aux acteurs blancs de continuer d’avoir des rôles écrits pour des Noirs? Est-ce « annuler » les acteurs blancs que de demander que des acteurs noirs aient la chance de prendre ces rôles? Alors pourquoi des acteurs cisgenres devraient prendre les rôles de personnes transgenres? Pourquoi donner à des acteurs d’ascendance européenne la tâche d’écrire sur les Premières Nations? Et devrions-nous nous taire quand des personnes en vues supportent des idées qui causent du tort à certaines personnes? Voyez J.K. Rowling qui propage des idées anti-transgenres… Devrait-on vraiment la laisser faire en disant « c’est son opinion », ou n’est-on pas en droit de lui demander de ne pas frapper sur ceux qui souffrent d’une telle intransigeance? Qu’elle continue d’écrire des livres, et qu’elle garde ses opinions rétrogrades pour elle-même. (Et juste pour la contredire sur ce sujet, j’ai décidé que Cho Chang est transgenre, et que oui, Cedric Diggory et Harry le savaient. J’avait au départ considéré l’inverse, mais ça jouerait dans la mauvaise tradition de tuer les personnages appartenant à des minorités culturelles pour pousser le développement des personnages principaux.)

      1. Achalante dit :

        Oh, si vous voulez lire l’opinion de la « gauche éveillée » (en anglais), en voici un exemple: https://www.themarysue.com/harpers-mag-open-letter-dog-whistles/ Pour ceux qui ne veulent pas lire au complet, le texte d’opinion (il ne s’agit pas d’un site journalistique) analyse entre les exemples donnés dans la lettre de personnes condamnées par le public pour leurs « opinions », et identifie les personnes probablement visées (parce que les noms ne sont pas données). On y retrouve des personnes qui ont été blâmées pour l’usage de termes racistes ou sexistes, de personnes mises à la porte pour propagation d’idées sexistes, et relève que plusieurs signataires de la lettre sont ouvertement transphobes.

  7. Richard Desrochers dit :

    Problématique exemplifiée par le silence plus ou moins imposé par l’administration aux experts en santé publique aux ÉU.

    1. Haïku dit :

      Bien vu.

  8. Daniel Gagnon dit :

    Plutôt d’accord avec Mona. Il faut aussi penser à réglementer Fak News et autres poubelles qui sont objectivement des collaborateurs avec l’ennemie en divisant et en empêchant un débat de bonne foi; cela devrait être fait par l’entremise d’organismes composés de journalistes comme le recommande Dominique Payette.

  9. Une lettre plein de bon sens il me semble.
    La critique de certains intellectuels suite à ce message est justement un des aspects que dénoncent ces artistes que l’on accuse de vouloir garder leurs privilèges de « A ».
    Prêter des intentions aux auteurs de la lettre représente une façon d’éviter le débat d’idées que veulent respectueusement introduire dans le discours publique les artistes concernés.
    Des artistes aux revenus modestes qui ont envie de donner leur opinion mais ne le font pas par peur d’ostracisme, doivent se réjouir que certains, qui en ont les moyens, parlent pour eux.
    Une simple question de justice, pas d’égo.

  10. Danielle Vallée dit :

    @Bidulen: ‘Je me sentais mal à l’aise devant l’hommage rendu à cet homme qui avait fait tant de mal’

    Vous prouvez que tout est relatif, selon le regard qu’on y porte.
    Les gens, surtout des paysans, qui entouraient Escobar, le protégeaient de la police, le prévenaient de dangers, ces gens là vivaient grâce à la générosité d’Escobar qui ouvrait des écoles, bâtissait des églises, leur donnait des emplois, payait l’éducation de leurs enfants, etc… grâce aux énormes profits de la drogue, drogue qui tuait des milliers de personnes un peu plus loin.
    Et leur vie était sauve si tout le monde savait qu’ils étaient des péons d’Escobar.

    Pour ce qui est de la lettre, elle aurait du sens s’il y avait des gens sensés de l’autre côté qui étaient prêts à avoir une conversation intelligente sur les points communs, ce qu’on peut accomplir ensemble.
    Aux États-Unis en ce moment ça n’existe qu’au niveau des petites communautés, au niveau local. Pas au niveau national.
    Le cri et l’injure sont la norme. Je trouve donc la lettre mièvre, et elle restera absolument sans effet.
    Ça a fait plaisir aux signataires de la publier. Grand bien leur fasse.

  11. FlorentNaldeau dit :

    @Roger Allard, 07h:20 « Le Duce ne sait pas lire. »

    Il n’est pas le seul si on se fie aux réponses rapportées par M. Hétu (et on en trouve d’autres sur le Web). Le réflexe de ces gens est de refuser le droit de cité à tout discours qui n’est pas en accord avec leurs préalables, et à contester leur admissibilité même puisqu’ils ne se conforment pas à l’orthodoxie idéologique en vogue, par exemple le paradigme oppresseur/opprimé. Les signataires de la lettre parue dans Harper’s devaient s’attendre à essuyer cette réaction.

    Force est de constater que dans le climat socio-politique actuel, des arguments raisonnés ne sont pas écoutés ni même entendus; plutôt que d’y répondre de manière structurée et par des contre-arguments rationnels, la réaction pavlovienne est de dénoncer sans une véritable réflexion sur lequel s’appuierait la réponse. Il est vraiment triste que le discours public en soit rendu à ce stade où le dialogue et la discussion opposant de manière civilisée et méthodique des points de vue contradictoires ne soient plus vraiment possibles sur certains sujets.

  12. monsieur8 dit :

    Les signataires de la lettre sentent qu’ils sont en train de perdre le leadership de « la » cause progressiste.

    Ils réagissent…

    1. Benton Fraser dit :

      !?!?!?!

    2. Achalante dit :

      C’est une interprétation intéressante. Ou alors, cette cause progressiste, suivant son chemin logique, leur demande à leur tour des sacrifices, et là, c’est trop pour eux. Ils veulent bien aider, tant qu’ils n’ont pas à payer leur part… Mais bon. Rendu là, j’avoue que c’est leur prêter des intentions. Ils ont peut-être tout simplement du mal à faire le prochain pas vers l’égalité de tous; ils ont besoin d’un peu de temps pour comprendre ce qu’on attend vraiment d’eux.

  13. Gilles Morissette dit :

    La lettre ouverte de ces personnalités soulève un débat fort intéressant sur la liberté d,expression et le droit à la critique.

    Pas facile de trancher car on se retrouve en plein zone grise où les choses ne sont pas aussi clairs qu’elles n’en n’ont l’air.

    Respecter l’Histoire est aussi reconnaître nos erreurs du passé, les injustices commises par un groupe de personne à l’égard d’un autre groupe., reconnaître qu’il y a des pans de notre passé pour lesquels nos n’avons pas à être fier mais qu’on ne peut ignorer.

    Occulter ces pans de notre l’Histoire? NON mais ce n’est pas une raison pour continuer à honorer, dans des espaces publics, à la vue de tous, soit par une statue, un monument, un drapeau ou autre, ceux qui ont soutenu ou défendu,des causes comme l’esclavage, la ségrégation, la discrimination. etc.

    Le débat est lançée et il risque, à en juger par les réactions qu’il suscite, d’être passionnant voire très émotif.

    C’est comme ça qu’une société évolue. Lorsqu’elle favorise de tel débat. Ça permet de faire avancer les choses.

  14. FlorentNaldeau dit :

    @monsieur8, 10h00

    En parcourant la liste des signataires, il ne me semble pas que la plupart d’entre eux se verraient comme faisant partie d’un soi-disant « leadership » de la cause progressiste. Ce sont pour la plupart des intellectuels ou des écrivains; il est donc inscrit dans leur ADN de réfléchir et de s’exprimer sur certains sujets.

    Capacité dont semblent souvent privés bien des gens qui aspirent formellement, eux, à ce leadership (probablement illusoire) de la Cause, y compris certains qui ont été hérissés par cette lettre pourtant fort pertinente. On peut chipoter sur certains passages, ce qui est justement le propre d’un véritable débat, mais elle soulève des questions nécessaires et présente des arguments qui se tiennent.

    1. Achalante dit :

      Et vous savez comment que ceux qui y aspirent n’ont pas la capacité de réfléchir, si on ne leur donne pas l’espace pour s’exprimer?

  15. el_kabong dit :

    « L’inclusion démocratique que nous appelons de nos vœux ne peut advenir que si nous refusons le climat d’intolérance général qui s’est installé de part et d’autre. »

    Je n’ai pas encore lu toute la lettre mais ce seul passage me révulse au plus haut point : on est encore dans les fausses équivalences, l’équivalent du minable orangé qui dit « il y a de bonne personnes des 2 côtés ».
    Non, l’intolérance n’est pas « générale » et encore moins équivalente des 2 côtés, l’intolérance des forces progressistes étant principalement centrée sur… l’intolérance des forces régressistes qui, elle, est la même depuis toujours…

    C’est un bon endroit pour ramener une de mes citations préférées :
    « The strain of anti-intellectualism has been a constant thread winding its way through our political and cultural life, nurtured by the false notion that democracy means that my ignorance is just as good as your knowledge » – Isaac Asimov

    1. Robert Dury dit :

      À el_kabong 12h04
      Je suis d’accord avec vous et Isaac Azimov. Il est fallacieux d’opposer les démocrates aux républicain. Les premiers ne sont pas responsables de la fosse abyssale qui s’est creusée entre eux et les républicains. Ils en sont les victimes. J’en veux pour preuve la déclaration de Mitch McConnell au lendemain de la réélection de Barrack Obama en novembre 2012. Il a indiqué que le seul agenda du sénat qu’il contrôlait était de refuser toute entente bipartite de façon à neutraliser l’administration Obama, le dernier coup bas étant le refus d’examiner la candidature de Merrick Garland suite au décès de Scalia.
      Aucun débat n’est possible lorsque un interlocuteur refuse tout compromis ou, mieux encore, lorsqu’il refuse tout simplement d’en discuter. Cette stratégie est la négation de tout débat politique sur des sujets intéressant le bon peuple.
      De la même façon, il n’y a aucune équivalence entre les organes de presse qui pratiquent le journalisme de façon honorable et les organes de propagande tels Fox News, Breibart, Infowar etc. Les premiers rapportent la nouvelle correctement alors que les autres font la propagande de Trump et le GOP. Pour paraphraser Azimov, « my ignorance is just as good as their knowledge. Il y a assurément « a false equivalance ».

  16. Apocalypse dit :

    @FlorentNaldeau – 09:57

    👍👍

    Disons que ce qu’on voit de notre société est plutôt laid. Pour plusieurs, on veut la liberté de dire tout ce qui nous passe par l’esprit et de l’autre côté, on voudrait pouvoir forcer les autres à ne dire que ce qu’on veut entendre; désolé, mais ça ne va pas faire des enfants forts.

  17. fylouz29 dit :

    Y’en a qu’un seul ici qui a raison et c’est moi. Et vous tous et toutes me faites sentir affreusement mal dans mon corps non-binaire, non-racisé, non-tout, en fait.
    #oeufnoncuitbio

  18. Apocalypse dit :

    @el_kabong – 12:04

    Merci pour la citation d’Isaac Asimov; comme on dit, en plein dans le mille 👍👍.

  19. Apocalypse dit :

    @fylouz29 – 12:19

    ‘Y’en a qu’un seul ici qui a raison et c’est moi.’

    Exactement! Une manière de penser pour le moins préoccupante. Tout ce qui relève de la pensée absolue est toujours à craindre, à éviter.

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