Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

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«Les négociations entre les États-Unis et le Canada se poursuivent. Il n’y a eu aucune concession de la part du Canada sur l’agriculture.» Le Représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer a fait cette précision dans un court communiqué publié ce matin, laissant entendre qu’Ottawa n’avait pas bougé sur la «gestion de l’offre», le système canadien de protection des producteurs de lait. Voilà qui réjouira les chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale du Québec, qui ont fait front commun ce matin sur cette question au moment où le Canada et les États-Unis sont engagés dans une course contre la montre pour finaliser le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

C’est évidemment une moins bonne nouvelle pour Donald Trump. Lors d’un déplacement dans l’Indiana hier, il a promos de remplacer «l’ALENA par un accord commercial avec le Mexique de toute beauté et flambant neuf et au moment où je vous parle avec le Canada». Mais, selon cette dépêche de l’AFP, il a insisté sur la nécessité de «se débarrassent de ces barrières et de ces tarifs», une allusion possible à la gestion de l’offre, qu’il a souvent dénoncée.

Le président américain peut-il accepter un accord avec le Canada sans arracher une concession sur cette question?

36 réflexions sur “Gestion de l’offre : pas de concession canadienne

  1. De toute façon, comme je l’ai appris sur ce blogue, aucun accord commercial ne peut être conclu sans l’approbation du congrès.

    Je crois que Trump ne s’en rend pas compte.

    1. Pierre dit :

      L’accord est dans sa tête pauvre homme de petite stature… pourquoi pas lui en passer une vite en lui servant sur Twitter un gazouillis tellement « fake » qu’il le prendras pour du « cash »… et la course contre la montre est également dans la tête de l’agent orange 🍊

  2. Steve3110 dit :

    Pour arracher cette concession au Canada, il faudrait que les USA cessent de subventionner ses fermes laitières. Ce qui est loin d’être fait…

    1. Benton Fraser dit :

      D’autant plus que plusieurs fermes laitières américaine voudraient
      un système de gestion de l’offert à la canadienne…

      1. simonolivier dit :

        @Benton Fraser J’ai justement donné les coordonnés d’une entrevue avec le Président de la plus grosse association de producteurs laitiers du Wisconsin il y a quelques semaines. Et c’est exactement ce qu’il disait. Il ne demande pas l’abolition du système canadien mais l’implantation du même système aux USA.

    2. Navy dit :

      @Steve3110 Je suis entièrement d’accord avec vous.Et que les américains abaissent leurs barrières tarifaires sur plusieurs produits comme les cacahuètes, le tabac et le coton. Autres éléments, certains états américains ont des mesures de protection pour éviter le dumping de produits laitiers comme la Californie.

      En complément le prix du lait à la page 30 de cette étude :https://www.exportactionglobal.com/wp-content/uploads/2018/04/Les-syst%C3%A8mes-laitiers-dans-le-monde_Export-Action-Global_April-2018.pdf
      Vous verrez que les consommateurs canadiens ne sont pas ceux qui paient le plus cher pour le lait. Allez vois les prix en Nouvelle-Zélande un pays où il n’existe plus de mise en marché ordonnée. Le lait sans hormone américain est plus cher que le nôtre. Autre élément important, l’utilisation d’hormones dans la production de lait aux USA est interdite ici,

      1. chrstianb dit :

        Wow! Belle étude! Merci.

      2. PLL dit :

        Vraiment très intéressante cette étude ! Surtout le passage qui explique que l’industrie laitière américaine s’effondrerait quasiment sans le travail des immigrants souvent illégaux… Les États-Unis n’en sont pas à un paradoxe près… et Trump encore moins !

        « Le rapport précise également que les fermes laitières des États-Unis dépendent tellement des travailleurs immigrants que la perte de cette ressource pourrait entraîner la fermeture d’une ferme laitière sur six et une baisse de la production économique des États-Unis de 39,86 milliards de dollars « 

    3. ghislain1957 dit :

      Vous m’enlever les mots de la bouche!

    4. igreck dit :

      Belle bande d’hypocrites ces Ricains amers !

    5. papitibi dit :

      Les subventions massives qui découlent du Farm Act ont deux effets principaux.

      Le premier, c’est un gaspillage éhonté. Plus le fermier US produis, et plus il s’enrichit par les subventions. Quitte à jeter la moitié du lait produit dans le fossé. Quitte à affecter inutilement des millions de km carrés de terres agricoles à la culture qui servira à engraisser des vaches laitières dont le lait sera scrappé.

      Le deuxième effet, c’est le dumping. Trop de lait, trop de maïs, trop de soya? Bof, on va aller le vendre en Afrique, en Asie et bientôt au Canada?

      En raison de cette surproduction gonflée par les stéroïdes (subventions pharaonesques), les produits agricoles US TUENT littéralement les productions locales et finissent par tuer les économies locales.

      On veut pas juste ALLER dans l’Espace. On veut DOMINER l’Espace, disait le Golden Bully.
      Changer ESPACE par MARCHÉS CANADIENS, et voilà la doctrine Trump en matière de Libre-.échange.

      Hier, au 98,5 Montréal, Patrick Lagacé disait qu’il ne faut pas s’émouvoir de la disparition de quelques fermes laitières au Qc. Bin non, mon beau Pat! Des écoles vont fermer en milieu rural pcq les agriculteurs vont fuir et parce que le village va se dépeupler. DÉ-VI-TA-LI-SA-TION, que ça s’appelle….

      Mais Patrick va pas brailler pour si peu…
      Trump non plus, d’ailleurs.

      Mais dans l’arrière-pays de Rimouski et en Abitibi, les plus vieux n’ont pas oublié.

  3. Martin cote dit :

    Tres Bonne nouvelle pour nos agriculteurs…la pression est beaucoup plus sur trump que sur le Canada..il veut regler avant les midterms pour pouvoir crier victoire…bien fait pour lui…..Mme Freeland joue très bien la game…

    1. igreck dit :

      Freeland… un nom prédestiné ! Une Grande (petite) Dame !

  4. fallaitquejteuldise dit :

    Rappel à Trump: il faut être deux pour danser le tango…

    1. @ fallaitquejteuldise

      …Rappel à Trump: il faut être deux pour danser le tango…

      Mais c’est ce qu’il fait, il dans le tango devant un miroir.

  5. Sebseb dit :

    La Canada est le petite pousset dans cette histoire. Même en ne voulant pas perdre la face, il sera difficile de n’en pas plier l’échine…

  6. captmichel dit :

    le congres on les entend jamais parle pendant que le con orange fais ses connerie

  7. Apocalypse dit :

    Ce n’est pas encore terminé, mais je suis surpris. Dans le cas des ententes avec l’Europe et le partenariat transpacifique, nous avons laissé aller environ 2,5% dans chacun des dossiers. Je serais surpris qu’on accepte pas aussi un autre 2,5% pour conclure une entente. Il y a le volet culture sur lequel on pourrait faire des gains en échange de ce 2,5%.

    Je pense que Donald Trump a besoin d’une victoire à tout prix dans ces négociations, alors le Canada n’est probablement pas en si mauvaise posture, mais il reste qu’il faudra sans doute donner quelque chose.

    Qu’on protège les agriculteurs, je n’ai, bien entendu, pas de problème, mais introduire un peu de concurrence pourrait peut-être s’avérer une bonne chose. Enfin, on verra bien…

    J’aime bien Madame Chrystia Freeland et je pense que ce dossier des négociations est entre de bonnes mains.

  8. Apocalypse dit :

    @Steve3110

    Effectivement, les agriculteurs américains n’ont pas la gestion de l’offre, et d’ailleurs, ils aimeraient cela selon un article paru sur Radio-Canada il y a quelques temps, mais ils sont largement subventionné à coup de milliards. Pas certain que si le Canada fait une brèche dans la gestion de l’offre, que les subvenions vont diminuer.

    Les américains devraient faire la même chose qu’ici, une gestion de l’offre!

  9. Loufaf dit :

    Le Canada fait bien de se tenir debout dans ce dossier.Le gros zouf veut l’abolition pure et simple de la gestion de l’offre.D’après le professeur Daniel-Mercier Gouin du département d’économie agroalimentaire de l’université Laval ,la gestion de l’offre représente 60% de la production agricole du Québec.S’il est aboli , 80,000 emplois pourraient disparaître au pays.Nous pouvons comprendre que le Canada ne peut céder sur ce point.Que le gros moron aille se faire cuire un oeuf en attendant sa destitution!

  10. Danielle Vallée dit :

    Tant que les produits vont être étiquettés made in Canada et Fabriqués au Québec, c’est à nous de faire les choix. Tant que l’étiquettage est honnête, Trudeau pourrait bien signer n’importe quoi, c’est à nous d’acheter US ou pas.
    Moi j’accepte de payer cher pour le veau du Québec, le porc du Québec, les légumes locaux.
    En fait hier j’ai acheté des poires d’Argentine pour ne pas acheter des poires de Californie.
    On a le contrôle là-dessus.

    1. igreck dit :

      Je vous suis totalement dans cette voie !
      L’expression « voter avec ses pieds » s’applique très bien ici !

    2. Guy le brasseur dit :

      Maintenant à l’épicerie,je cherche la provenance des produits.Si c’est américain,je cherche le même produit d’ailleurs.C’est pas long et ça me fait du bien de niquer l’imposteur de la MB.

  11. bloganon dit :

    L’enjeu le plus important, selon moi, est le mécanisme de règlement des différends, Le Canada a souvent gagné sa cause lorsqu’il a contesté des tarifs imposés par les États-Unis. Donald n’aime pas ça.

  12. Samati dit :

    Quelques statistiques qui donnent une autre dimension à la gestion de l’offre au Canada :

    Le Québec ne produit que 37% du lait canadien et l’Ontario environ 33%. Le solde se divise dans les autres provinces.

    http://www.dairyinfo.gc.ca/index_e.php?s1=dff-fcil&s2=farm-ferme&s3=nb

    La gestion de l’offre couvre toutes les provinces canadiennes, pas seulement le Québec.

  13. Apocalypse dit :

    @Loufaf – 11h13

    Abandonner la gestion de l’offre et il faudrait subventionner massivement les agricullteurs pour qu’ils survivent, car il en va de notre autosuffisance alimentaire. On peut faire une petite brèche, et on l’a fait, mais pas plus. Ce secteur doit absolument être protégé!

  14. Emalion dit :

    « l’Assemblée nationale du Québécois » Je veux le nom de ce gars la j’ai un offre a faire 🙂

  15. Jean11820 dit :

    Je répète ici mon commentaire HS sur Muller de ce matin, il est maintenant pleinement pertinent. Ça n’a pas empêché M. Trump hier (lors d’un rally partisan) de trainer le Canada dans la boue (sinon autre chose…) en claironnant déjà sa victoire sur le méchant et malhonnête Canada qui ne voulait pas négocier, mais qui maintenant après s’être fait tassé dans le coin (grâce à son expertise en négociation, bien entendu) en concluant avec le Mexique est venu à Washington (sur son territoire…) demandé pitié. De toute façon s’il ne cède pas, on va les assommés avec des tarifs sur leur autos et on fera plus d’argent (dixit l’intimidateur en chef). Tout le monde le soupçonne maintenant, dans peu de temps on va acheter du lait américain et du fromage canadien fait avec du lait américain subventionné et «dumppé» sur le marché canadien. Exit en tout ou en partie la gestion de l’offre.

    Je ne suis pas, en principe, pour ou contre le système de la gestion de l’offre. C’est dans les faits une «aide/subvention» des consommateurs au producteurs nationaux plutôt que par le gouvernement. C’est notre choix. Ce qui m’enrage, c’est la mauvaise foi de la partie d’en face qui subventionne ( par le gouvernement) lourdement sa production puis s’attaque à un marché (plus petit) non subventionné. Par dessus le marché, apparemment déjà en ce moment le solde de la balance des échanges sur les produits laitiers serait à la faveur des USA!

    Pas assez de négocier de mauvaise foi, mentir à tour de bras ( en premier lieu à leur population, pour un vil gain politique), on ne peut pas dire qu’il a la victoire «gracieuse». Il ne peut pas s’empêcher d’en remettre on nous abaissant de façon insultante. J’en suis à espérer que les négociations achoppent et que l’on attende une nouvelle administration juste pour le faire «ch..r». Qu’ils les amènent ses tarifs, on n’aura qu’à répondre. Notre balance commerciale est positive, on verra bien. Oui tout le monde y perdra. Est-ce que l’honneur a un prix?

  16. 430a dit :

    Ce n’est pas de l’ « art of the deal » de qu’il fait, plutôt de l' »art of bullying ». Dégueu!

  17. Lecteur-curieux dit :

    Ah… le marché politique se comporte exactement comme dans le cours et livre de PPE.

    https://www.puq.ca/catalogue/livres/problemes-politiques-economiques-427.html

    Tous les pays ou presque sont protectionnistes avec leurs agriculteurs. Voilà un exemple parfait d’une politique à bénéfices concentrés et coûts diffus qu’il est rentable d’avoir dans un programme politique pour acheter des votes.

    Les consommateurs canadiens payent leur lait et produits laitiers trop cher avec la gestion de l’offre. Oui mais combien trop cher? Le consommateur ne changera pas son vote à cause de cela.

    1. Benton Fraser dit :

      Le lait américain sans les contaminants nécessaires à la production de masse, c’est-à-dire l’équivalent du lait canadien, coûte plus chère…

  18. Gilles Morissette dit :

    Bravo au gouvernement du Canada. Il ne doit pas céder un seul pouce sur cette question car il en va de la survie de l’agriculture et de milliers d’emplois partout au pays et plus particulièrement au Québec .

    Maxime Bernier et tous les enfoirés de Libertariens qui veulent la disparition de la politique de la gestion de l’offre,peuvent bien aller se faire foutre. S’ils ne sont pas content. ils n’ont qu’à foutre le camp aux USA. Personne ne va les manquer.

    Un accord commercial avec les USA est souhaitable mais pas à n’importe lequel prix. On n’a pas à se prosterner devant le Salopard-En-Chef comme le souhaiteraient les enfoirés de Conservateurs.

    L’Orange Julep a plus besoin de cet accord que nous. Il menace de nous imposer des tarifs sur l’automobile? S’il le fait, répliquons avec des tarifs sur les voitures américaines entrant chez nous.

    Oeil pour oeil, dent pour dent. C’est la seule façon de faire avec ce bully de fond de cour d’école.

    1. Guy le brasseur dit :

      Bien dit,ça résume la pensée de la majorité de Canadiens.

  19. Daniel Legault dit :

    Un élément de réflexion: Pensez-vous que Trump hésiterait à utiliser l’arme nourriture si une grande partie de notre nourriture proviendrait des États-Unis avec un ALENA restrictif sur l’achat de nourriture provenant d’ailleurs que l’Amérique.

    Le lait en poudre de la Nouvelle Zélande ne m’intéresse pas.

    Jeune, mes parents ont essayé les patates en poudre, le lait en poudre, les repas TV, etc. ça n’a pas marché.

    1. Benton Fraser dit :

      Sans doute une question de culture….

      Les américains semblent portés sur la poudre!

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